Israël a accusé jeudi le Hamas d’avoir instauré un système de taxes et de menaces qui poussent les commerçants à renoncer à livrer à Gaza, ce que le mouvement islamiste palestinien a démenti.
Selon le Cogat, l’organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles dans les territoires palestiniens, le Hamas réclame 10 000 shekels par camion entrant dans Gaza et impose qu’environ 30% des transactions soient menées en liquide.
La moitié des camions qui pénètrent chaque semaine dans la bande de Gaza relèvent du secteur privé et leur retrait risque de compromettre les efforts menés pour atteindre l’objectif de 600 camions par jour fixé par l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre 2025, a fait valoir le Cogat.
Dans un courrier envoyé mercredi à des représentants internationaux engagés dans l’application de cet accord, le Cogat a aussi affirmé que le Hamas avait enlevé le fils d’un commerçant qui refusait de se soumettre à ces conditions.
Selon l’organisme israélien, des commerçants craignant pour leur sécurité ont suspendu «jusqu’à nouvel ordre» leurs livraisons à Gaza.
Dans un courrier adressé aux médiateurs — Égypte, Qatar et Turquie — le Hamas a «catégoriquement» démenti toute imposition des camions.
Selon le Hamas, le chiffre de 10 000 shekels correspond à une «initiative communautaire volontaire» d’acteurs économiques de Gaza pour contribuer à un «fonds national» finançant des projets d’aide.
Et la limitation des transactions par virement bancaire vise à injecter des liquidités au sein du territoire, a insisté le mouvement palestinien.
Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour Gaza du «Conseil de paix» mis en place par Donald Trump, a déclaré avoir reçu le courrier du Cogat et a dénoncé ce qu’il a décrit comme «des menaces et mesures de coercition» contre les commerçants.
«De telles pratiques sont inacceptables et doivent prendre fin immédiatement», a-t-il écrit sur X, ajoutant que toute interférence sur la chaîne d’approvisionnement augmentait la souffrance des civils de Gaza.
