JD Vance a jugé jeudi que le conflit en Iran, sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l’approche d’importantes élections législatives, n’était pas «une guerre», tout en affirmant que le passage dans le détroit d’Ormuz était «presque» revenu à la normale.
Alors que, selon le Wall Street Journal, le président Donald Trump réfléchirait à déclarer purement et simplement la fin du conflit, le vice-président a tenu à minimiser les hostilités, pendant une conférence de presse à la Maison Blanche.
«Je n’appellerais pas ça une guerre. En ce moment il n’y a pas d’échange de tirs», a-t-il déclaré, alors que les États-Unis ont frappé des cibles iraniennes à deux reprises ces derniers jours.
L’une de ces attaques, que l’Iran a promis de venger, a tué quatre personnes lors d’un mariage.
«Les médias d’État iraniens n’ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s’est passé dans ce conflit jusqu’à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet», a dit JD Vance, en réponse à une question sur cette frappe, ajoutant que les États-Unis menaient malgré tout «une enquête approfondie».
Le républicain de 42 ans a par ailleurs refusé de se prononcer sur une quelconque date de fin des hostilités, alors qu’au début du conflit, il y a six mois, Donald Trump avait évoqué une durée maximale de quelques semaines.
Le gouvernement américain insiste beaucoup depuis quelques jours sur la reprise selon lui forte du passage dans le stratégique détroit d’Ormuz, et JD Vance est allé dans le même sens.
«Si vous retournez trois mois en arrière, en ce qui concerne le pétrole et le gaz qui sortaient du détroit d’Ormuz à cause des menaces iraniennes, il n’y avait quasiment rien. Maintenant, nous sommes presque de retour à la situation d’avant le conflit», a dit le vice-président américain.
«Grand contrôle» sur Ormuz
«Nous avons un grand contrôle sur le détroit d’Ormuz. Nous faisons passer 30, 40 navires par nuit», a assuré de son côté Donald Trump, dans un entretien avec la chaîne conservatrice britannique GB News, diffusé jeudi.
Le ministère américain de l’Énergie avait lui évoqué lundi un chiffre de 17 millions de barils de pétrole ayant transité par ce passage très disputé, et Donald Trump a partagé sur son réseau Truth Social un graphique faisant état de 18 millions de barils quotidiens, selon lui proche du chiffre de 20 millions d’avant la guerre.
Le trafic de navires de matières premières (hydrocarbures, mais aussi engrais et minéraux) a dégringolé à 10 transits par jour en moyenne après le verrouillage du détroit par Téhéran le 1er mars, contre 95 transits quotidiens en moyenne en février, selon une analyse AFP des données de la plateforme de suivi de flux maritimes Kpler.
La signature d’un accord entre Washington et Téhéran mi-juin pour des pourparlers de paix a permis un rebond temporaire à 36 transits par jour, avant une rechute à 15 entre la reprise des affrontements le 8 juillet et le 22 août.
Depuis le 8 juillet, les deux tiers des transits sont devenus «fantômes» ou inconnus, contre moins de 1% avant la guerre, selon Kpler. Il s’agit de navires repérés de part et d’autre du détroit, mais dont l’itinéraire exact ne peut être confirmé faute de données suffisantes (transpondeurs désactivés, signaux brouillés, images satellites manquantes).
