Conflit au Moyen-Orient

Frappes israéliennes près de Beyrouth et dans le sud du Liban

Dans le même temps, Israël a dit avoir intercepté sur son territoire un «aéronef ennemi» en provenance du Liban, puis deux tirs, après deux autres mardi matin.

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De la fumée s'élève suite à une frappe aérienne israélienne qui a touché le village de Qlaileh, vue depuis la ville portuaire de Tyr, au Liban, le mardi 2 juin 2026. Photo AP De la fumée s'élève suite à une frappe aérienne israélienne qui a touché le village de Qlaileh, vue depuis la ville portuaire de Tyr, au Liban, le mardi 2 juin 2026. Photo AP (Mohammed Zaatari)

Une frappe israélienne a visé mercredi les environs de Beyrouth, Israël poursuivant également ses raids et opérations terrestres dans le sud du Liban où au moins neuf personnes, dont deux secouristes et un soldat, ont été tuées.

Dans le même temps, Israël a dit avoir intercepté sur son territoire un «aéronef ennemi» en provenance du Liban, puis deux tirs, après deux autres mardi matin. Et pour la première fois depuis lundi soir, le Hezbollah pro-iranien a revendiqué une attaque en territoire israélien, visant des soldats dans le nord.

Ces échanges de feu interviennent alors qu’à Washington, des diplomates libanais et israéliens — dont les pays n’entretiennent pas de relations diplomatiques — poursuivent mercredi une quatrième session de négociations directes.

L'ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee (deuxième à partir de la gauche), est accompagné (troisième à partir de la gauche) de : Dan Holler, chef de cabinet du Département d'État, Michael A. Needham, conseiller et directeur du Bureau de la planification politique du Département d'État, et Michel Issa, ambassadeur des États-Unis au Liban, alors qu'ils rencontrent Yechiel Leiter, ambassadeur d'Israël aux États-Unis, et Nada Hamadeh, ambassadrice du Liban aux États-Unis, au Département d'État, le mardi 2 juin 2026, à Washington. L'ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee (deuxième à partir de la gauche), est accompagné (troisième à partir de la gauche) de : Dan Holler, chef de cabinet du Département d'État, Michael A. Needham, conseiller et directeur du Bureau de la planification politique du Département d'État, et Michel Issa, ambassadeur des États-Unis au Liban, alors qu'ils rencontrent Yechiel Leiter, ambassadeur d'Israël aux États-Unis, et Nada Hamadeh, ambassadrice du Liban aux États-Unis, au Département d'État, le mardi 2 juin 2026, à Washington. (Rod Lamkey/AP Photo/Rod Lamkey)

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, avait averti mardi de frappes sur la capitale et sa banlieue sud, bastion du mouvement chiite, si ce dernier visait son territoire. Il s’est prévalu d’un aval américain en ce sens, après que Donald Trump a d’abord dissuadé lundi le premier ministre, Benjamin Netanyahou, de frapper la banlieue sud.

Selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), une frappe a visé une voiture à Khaldé, à l’entrée sud de la capitale, sur l’autoroute côtière.

L’Ani a aussi fait état de bombardements sans avertissement sur plus d’une vingtaine de localités dans le sud, où l’armée israélienne a elle appelé à l’évacuation de sept villages.

Pétitions pour sauver Tyr et Nabatiyé

L’armée libanaise — à l’écart du conflit, ouvert le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre Israël en soutien à l’Iran — a fait état de la mort d’un soldat tué par une frappe israélienne alors qu’il «circulait» dans le sud, et de deux militaires blessés par un drone israélien dans leur véhicule dans la même région.

Elle a dénoncé un ciblage israélien «» délibéré» de ses troupes et positions.

Dans la même région, une frappe israélienne a aussi visé «directement» une ambulance, tuant deux secouristes et blessant grièvement un troisième, a annoncé le ministère de la Santé, ce qui porte à au moins 130 le nombre de secouristes et personnels médicaux tués depuis le début du conflit.

Quatre Syriens et deux Palestiniens ont également été tués près de Tyr, a indiqué le ministère.

Israël veut frapper le Liban Israël déclare qu'il n’y aura «pas de calme» à Beyrouth sans l’arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien.

La ville côtière millénaire est pilonnée depuis plusieurs jours et mardi, Israël a accusé des membres du Hezbollah de s’y cacher dans le quartier chrétien, jusque là épargné.

Selon un correspondant de l’AFP, des déplacés dormant dans leurs voitures ou des tentes dans cette zone considérée comme sûre ont fui vers d’autres secteurs.

Dans ce contexte, une récente pétition, obtenue par l’AFP, appelant à exclure toute autre présence armée à Tyr que celle de l’armée libanaise, a recueilli plus de 180 signatures.

L’«appel de Tyr» demande à l’armée de se déployer dans cette cité où le Hezbollah est fortement implanté. Certains des signataires ont été accusés sur les réseaux sociaux de faire le jeu d’Israël.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé — autre ville méridionale à majorité chiite — pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a également recueilli plus de 200 signatures.

Pas de «cessez-le-feu partiel»

Selon les autorités libanaises, le Hezbollah a accepté lundi une proposition américaine prévoyant dans un premier temps qu’Israël s’abstienne de frapper la banlieue en échange de l’engagement du mouvement à arrêter ses attaques sur Israël.

Mais un haut responsable du mouvement a indiqué mardi à l’AFP que son groupe n’acceptera pas un «cessez-le-feu partiel». Le mouvement a aussi revendiqué de nouvelles attaques mercredi contre des soldats israéliens dans le sud.

Téhéran exige que tout accord avec Washington pour mettre un terme au conflit régional déclenché le 28 février inclue la fin des hostilités sur le front libanais, où une trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril n’a jamais fait taire les armes.

Le président américain a confirmé avoir eu lundi un échange musclé avec M. Netanyahou, s’affirmant «un peu perturbé par le fait qu’il se batte sans arrêt avec le Liban».

Son chef de la diplomatie, Marco Rubio, a parallèlement estimé qu’Israël et le Liban pourraient conclure un accord de paix «dès demain» sans l’obstacle que représente le Hezbollah, opposé aux négociations bilétrales.

Les opérations israéliennes ont tué 3468 personnes depuis le 2 mars et en ont déplacé plus d’un million, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.