L’ancien ministre israélien Avigdor Liberman, un des dirigeants du principal bloc d’opposition au premier ministre Benjamin Netanyahou, a annoncé vendredi qu’il levait son véto à une alliance avec les ultra-orthodoxes, en pleines tractations pour trouver une majorité gouvernementale.
M. Liberman, chef du parti nationaliste Israël Beitenou, a toutefois réitéré son refus catégorique de toute coopération avec les formations arabes israéliennes, qui ont proposé d’unir leurs forces à celles de l’opposition.
À la place, cet ancien proche de M. Netanyahou a déclaré sur X être prêt à faire des «compromis» en direction des formations ultra-orthodoxes, y compris sur la question délicate du service militaire, qu’il avait pourtant promis d’imposer aux étudiants religieux qui le refusent.
«Vouloir tout obtenir, c’est prendre le risque de ne rien obtenir et cela comprend aussi la loi sur la conscription», a dit M. Liberman. Revenir sur cet engagement placé au cœur de sa campagne le «fait souffrir», a-t-il admis.

Ces déclarations interviennent en pleines négociations en vue d’assembler assez de forces pour former un gouvernement, après des élections législatives fin octobre qui se sont conclues sans majorité.
Le bloc de l’opposition mené par le centriste Gadi Eisenkot, dont fait partie M. Liberman, a recueilli 48 sièges. Celui de M. Netanyahou en a récolté 53. Il faut au moins 61 députés pour contrôler la Knesset, le Parlement israélien.
Les deux principales formations arabes, la Liste unifiée et Raam, ont proposé d’ajouter leurs 19 députés au bloc de M. Eisenkot, ce qui permettrait de constituer une majorité confortable de 67 sièges.
Elles ont d’ailleurs recommandé au président israélien Isaac Herzog de confier à M. Eisenkot la tâche de constituer le prochain gouvernement, lors de consultations qui se sont achevées jeudi soir. M. Herzog doit annoncer son choix dimanche.
Mais M. Liberman, dont le parti est le plus petit membre du bloc d’opposition avec sept sièges, a redit qu’il refusait «fermement» tout pacte avec les partis arabes, même dans le cadre d’un gouvernement minoritaire que ces derniers soutiendraient indirectement à la Knesset.
Dans un contexte de divisions sociales aggravées depuis le 7 octobre, ses électeurs de droite auraient en effet du mal à accepter une telle alliance avec les partis qui représentent les Arabes israéliens, aussi appelés palestiniens d’Israël, qui représentent 20% de la population.
Les deux partis ultra-orthodoxes, Shass (séfarade) et Judaïsme unifié de la Torah (ashkénaze), sont donc une autre option disponible.
Ils disposent ensemble de 13 sièges, ce qui permettrait à l’opposition d’obtenir une courte majorité au Parlement.
Ils ont été des alliés privilégiés de la coalition gouvernementale de M. Netanyahou, mais sont déçus de son échec à graver dans la loi l’exemption du service militaire pour leurs ouailles.
Le parti Judaïsme unifié de la Torah a refusé d’apporter son soutien à M. Netanyahou pour la formation d’un gouvernement lors des consultations avec le président Herzog. Il n’a toutefois pas non plus soutenu M. Eisenkot.
