🌍 Conflit au Moyen-Orient

Élections en Israël: le camp de Netanyahou en tête, mais sans la majorité

La coalition sortante de droite et d’extrême droite de M. Netanyahou recueille 53 sièges sur les 120. Le bloc de l’opposition emmené par Gadi Eisenkot obtient 48 sièges.

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Israël: Netanyahou se bat pour sa survie aux premières élections depuis le 7 octobre Israël: Netanyahou a multiplié les attaques contre les partis arabes, affirmant que certains membres tentaient de «voler» l’élection.

Le camp du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est arrivé en tête devant le bloc principal de l’opposition, mais loin de la majorité pour garder le contrôle du Parlement, selon les résultats définitifs des législatives, ouvrant la voie à de difficiles négociations de coalition.

La coalition sortante de droite et d’extrême droite de M. Netanyahou recueille 53 sièges sur les 120 que compte la Knesset (Parlement israélien), et le Likoud du premier ministre reste le premier parti avec 27 députés.

Le bloc de l’opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot obtient 48 sièges, a indiqué la Commission électorale dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

Le scrutin de mardi est le premier depuis l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël le 7 octobre 2023, marqué par une participation au plus haut depuis 1999 (77%), et une percée percée spectaculaire des deux listes arabes. Raam et la Liste unifiée raflent à elles seules 19 sièges, selon les résultats définitifs.

Supporters of Prime Minister Benjamin Netanyahu, rear, are separated by police as they argue with left-wing activists calling for a government with Arab parties outside the residence of Yashar party leader Gadi Eisenkot in Herzliya, Israel, Thursday,... Des partisans du premier ministre Benjamin Netanyahou, à l'arrière-plan, sont séparés par la police alors qu'ils se disputent avec des militants de gauche réclamant un gouvernement incluant des partis arabes, devant la résidence du chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, à Herzliya, en Israël, le 29 octobre 2026. Photo AP (David Goldman)

Ces formations ont été visées jeudi par des accusations de fraude électorale relayées par le camp de M. Netanyahou. Des responsables et des médias ont notamment affirmé que ces partis étaient soupçonnés d’avoir reçu des fonds du Qatar pour financer l’achat de voix.

L’émirat du Golfe est souvent utilisé comme repoussoir par la classe politique israélienne, et l’opposition a d’ailleurs fait campagne en accusant M. Netanyahou et son entourage de liens avec cet État, soutien financier clé du Hamas et hôte de la direction politique du mouvement islamiste palestinien pendant des années.

Le Qatar et les partis arabes ont rejeté ces accusations, et M. Eisenkot a accusé M. Netanyahou de chercher à «délégitimer les résultats» du scrutin.

Des militants de gauche israéliens réclament la formation d'un gouvernement incluant des partis arabes, devant la résidence de Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, à Herzliya, en Israël, ce jeudi 29 octobre 2026. Photo AP Des militants de gauche israéliens réclament la formation d'un gouvernement incluant des partis arabes, devant la résidence de Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, à Herzliya, en Israël, ce jeudi 29 octobre 2026. Photo AP (David Goldman)

Le service de renseignement intérieur (Shin Bet) a indiqué qu’il enquêtait sur des soupçons d’irrégularité, tout en affirmant que cette enquête ne visait pas à «incriminer toute une communauté qui a voté de manière démocratique et légale».

Ces tensions menacent de plonger Israël dans une crise politique en plein conflit au Moyen-Orient, dans le cadre duquel M. Netanyahou menace de relancer une campagne militaire contre l’Iran.

Tractations difficiles

Sans faire explicitement référence aux accusations relayées par le camp du premier ministre contre les partis arabes, la Commission électorale a affirmé jeudi que «certaines informations qui (avaient) circulé (étaient) entièrement infondées».

«L’enquête se poursuit en parallèle du processus mené par la Commission électorale centrale. Elle n’aura aucun impact sur les résultats finaux qui seront remis au président», a-t-elle ajouté.

Les résultats finaux seront officiellement remis mercredi au président Isaac Herzog, qui entamera alors un processus de consultation des chefs des partis représentés à la prochaine Knesset avant d’en désigner un pour tenter de former un gouvernement, a indiqué la Commission électorale.

Des personnes se rassemblent devant un bureau de vote, à côté d'affiches électorales, dont l'une représentant Benjamin Netanyahou, lors des élections législatives israéliennes à Tel-Aviv, en Israël, mardi 27 octobre 2026. Photo AP Des personnes se rassemblent devant un bureau de vote, à côté d'affiches électorales, dont l'une représentant Benjamin Netanyahou, lors des élections législatives israéliennes à Tel-Aviv, en Israël, mardi 27 octobre 2026. Photo AP (David Goldman)

L’absence de majorité à ce stade augure de tractations difficiles qui pourraient durer des semaines. En cas d’échec, le pays pourrait devoir organiser de nouvelles élections, comme cela a été le cas à plusieurs reprises dans son histoire.

Le tableau indécis qui se dessine est l’image de la polarisation du pays qui s’est renforcée depuis l’attaque du 7 octobre, dont l’ombre a plané sur le scrutin.

Ces législatives interviennent aussi sur fond de critiques internationales croissantes contre la conduite de la guerre dans le territoire palestinien de la bande de Gaza, ainsi que les violences et l’expansion des colonies en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, sous le gouvernement le plus à droite de l’histoire du pays.