L’armée israélienne a intensifié lundi ses frappes dans le sud du Liban, visant notamment les villes de Tyr et Nabatiyé, deux ministres israéliens d’extrême droite appelant à l’escalade et même à frapper Beyrouth.
Ces frappes interviennent alors que les États-Unis et l’Iran cherchent à finaliser les termes d’un accord malgré des divergences, notamment au sujet du Liban, Téhéran estimant qu’un accord doit s’appliquer à tous les fronts.
Israël continue de pilonner le Sud en dépit d’un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril et le Hezbollah pro-iranien revendique régulièrement des attaques contre l’armée israélienne.
En fin d’après-midi, des frappes ont visé plusieurs quartiers de la ville millénaire de Tyr, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Des dizaines de frappes israéliennes avaient visé dès les premières heures du jour plusieurs villes et villages dans le sud du Liban, tuant trois personnes à bord de deux voitures et une moto, a rapporté l’Ani.
Accusant le Hezbollah de «violer le cessez-le-feu», Israël avait émis des ordres d’évacuation aux habitants de plus de dix localités, en majorité situées dans les régions de Jezzine et de Nabatiyé, et d’autres pour la ville de Tyr et ses environs, dont le camp palestinien de Rachidiyé.
Les frappes israéliennes ont fait au moins 3185 morts depuis le début du conflit le 2 mars, selon le dernier bilan du ministère de la Santé lundi, soit 34 morts de plus par rapport au bilan de la veille.
«Revenir à une guerre intensive»
À Doueir, localité de Nabatiyé, une femme est toujours ensevelie sous les décombres de sa maison visée par une frappe il y a deux jours, faute d’une autorisation israélienne aux équipes de secours.
Selon l’Ani, une patrouille de l’armée libanaise a tenté d’y escorter une pelleteuse, mais «à son arrivée» sur le site, Israël «a renouvelé ses menaces contre de nombreuses localités du Sud, dont Doueir», suspendant les opérations de secours.
Une autre frappe dans le même village a tué deux sœurs qui recevaient les condoléances pour le décès de leur mère, a indiqué l’agence.
Le Hezbollah a revendiqué de son côté des attaques contre les militaires israéliens en territoire libanais, et a de plus en plus recours aux drones explosifs.
L’armée israélienne a annoncé lundi la mort d’un nouveau soldat dans le sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le 2 mars.
«Pour chaque drone explosif, dix immeubles doivent tomber à Beyrouth», a estimé le ministre des Finances Bezalel Smotrich.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, autre ténor de l’extrême droite israélienne, a appelé à «revenir à une guerre intensive», et à «prendre le contrôle» du fleuve Zahrani, situé plus au nord qu’un autre fleuve, le Litani.
L’armée israélienne, qui contrôle une bande d’environ 10 km de profondeur en territoire libanais, a fixé au Litani la limite de la zone qui doit être vidée de combattants du Hezbollah.
Le président libanais Joseph Aoun a défendu lundi sa décision de négocier avec Israël et affirmé que son exigence d’un retrait total israélien du sud du Liban n’était «pas négociable».
Le Liban et Israël, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, tiennent une nouvelle session de négociations à Washington les 2 et 3 juin, précédée d’une réunion de militaires des deux pays au Pentagone le 29 mai.
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, avait renouvelé dimanche soir son opposition aux négociations directes entre le Liban et Israël et répété qu’il refusait le désarmement de son mouvement.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a condamné les propos du dirigeant, l’accusant d’appeler à «renverser» le gouvernement libanais et de vouloir «replonger le Liban dans le chaos».
En réponse au secrétaire d’État, un député du Hezbollah, Ali Ammar, a appelé lundi l’administration américaine à cesser «de s’ingérer dans les affaires libanaises et de troubler la stabilité du pays».