Emmanuel Macron a appelé lundi à une réouverture «concertée» du détroit d’Ormuz entre «l’Iran et les États-Unis», jugeant que le cadre de la nouvelle opération annoncée par Donald Trump pour débloquer cette voie stratégique majeure n’était «pas clair».
«Je ne sais pas quelle est cette initiative», a déclaré le président français à son arrivée au 8e sommet de la Communauté politique européenne en Arménie.
Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour débloquer des navires bloqués depuis deux mois dans le Golfe. L’armée américaine sera attaquée si elle tente de s’approcher du détroit d’Ormuz, a aussitôt rétorqué le commandement militaire iranien.
«Nous souhaitons qu’il y ait surtout une réouverture concertée entre l’Iran et les États-Unis», a insisté Emmanuel Macron.
«C’est la seule solution qui permette durablement de rouvrir le détroit d’Ormuz, de permettre la libre navigation et de le faire sans restriction et sans péage», a-t-il ajouté.
Emmanuel Macron a aussi réitéré que l’initiative lancée conjointement avec le premier ministre britannique Keir Starmer pour sécuriser la navigation dans le détroit ne serait pas mise en œuvre tant que les hostilités se poursuivraient entre les États-Unis et l’Iran.
«Si les États-Unis sont prêts à rouvrir Ormuz, c’est très bien. C’est ce qu’on demande depuis le début. Mais nous, on ne va pas participer à quelque opération de vive force que ce soit, dans un cadre qui ne me semble pas clair», a souligné le président français.
La mission à l’initiative d’Emmanuel Macron et Keir Starmer réunit une cinquantaine de pays de tous les continents qui ont entamé une planification militaire à Londres.
Elle se veut «neutre», «bien distincte des belligérants», afin d’accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe une fois la stabilité revenue, martèlent Paris et Londres.
Emmanuel Macron a aussi insisté à l’ouverture du sommet sur la «confiance» des Américains comme des Iraniens envers les Européens, des «partenaires fiables» et donc sur le rôle «très important» qu’ils auront à jouer, à travers cette mission.
«Concernant Ormuz, je pense que nous avons un rôle très important à jouer. De toute évidence, les Américains ont confiance en nous, les Iraniens nous respectent et ont confiance en nous», a-t-il dit lors d’une intervention en anglais.
«Nous ne sommes pas naïfs vis-à-vis des Iraniens. Mais nous ne sommes pas en guerre avec eux. Cela nous place dans une situation où nous pouvons tous ensemble apporter des contributions du côté diplomatique, militaire, économique et financier afin de faciliter la réouverture du détroit d’Omuz», a-t-il ajouté.
