Conflit au Moyen-Orient

Détroit d'Ormuz bloqué: les prix du pétrole remontent

La réaction du marché fait suite à plus de deux jours d’espoirs suscités puis déçus concernant le détroit.

Publié le 

Le pétrolier «Chios» décharge sa cargaison dans la raffinerie de la Chevron Products Company, l'une des plus grandes installations de traitement du pétrole de Californie, située à El Segundo, en Californie, le vendredi 17 avril 2026. Le pétrolier «Chios» décharge sa cargaison dans la raffinerie de la Chevron Products Company, l'une des plus grandes installations de traitement du pétrole de Californie, située à El Segundo, en Californie, le vendredi 17 avril 2026. (Damian Dovarganes)

Les cours du pétrole ont augmenté dimanche en début de séance, alors que le bras de fer entre l’Iran et les États-Unis empêchait les pétroliers d’emprunter le détroit d’Ormuz, cette voie navigable du golfe Persique qui revêt une importance cruciale pour l’approvisionnement énergétique mondial.

Le prix du pétrole brut américain a augmenté de 6,4 % pour atteindre 87,90 $ US le baril une heure après la reprise des échanges au Chicago Mercantile Exchange. Le prix du Brent, la référence internationale, a grimpé de 5,8 % pour s’établir à 95,64 $ US le baril.

La réaction du marché fait suite à plus de deux jours d’espoirs suscités puis déçus concernant le détroit. Les prix du brut avaient plongé de plus de 9 % vendredi après que l’Iran eut annoncé qu’il rouvrirait entièrement le détroit, qu’il contrôle de facto, au trafic commercial.

Téhéran est revenu sur cette décision et a tiré sur plusieurs navires samedi après que le président Donald Trump eut déclaré que le blocus des ports iraniens par la Marine américaine resterait en vigueur. Dimanche, M. Trump a affirmé que les États-Unis avaient attaqué et saisi de force un cargo battant pavillon iranien qui aurait tenté de contourner le blocus. Le commandement militaire conjoint iranien a promis de riposter.

La hausse des prix de dimanche a effacé une grande partie des baisses observées vendredi, suscitant de nouveaux doutes quant à la rapidité avec laquelle les navires pourront à nouveau transporter les énormes quantités de pétrole que le monde importe du Moyen-Orient.

La guerre américano-israélienne contre l’Iran, qui en est désormais à sa huitième semaine, a provoqué l’une des pires crises énergétiques mondiales depuis des décennies.

Les pays d’Asie et d’Europe qui importent une grande partie de leur pétrole du Golfe ont été les plus touchés par l’interruption des approvisionnements et les réductions de production, bien que la hausse rapide des prix de l’essence, du diesel et du kérosène affecte les entreprises et les consommateurs du monde entier.

Interrogé sur la date à laquelle, selon lui, les automobilistes américains pourraient à nouveau voir le prix de l’essence descendre en moyenne sous la barre des 3 $ US le gallon, le secrétaire à l’Énergie Chris Wright a dit que les prix à la pompe ne baisseraient probablement pas autant avant l’année prochaine.

Carney annonce une suspension temporaire de la taxe fédérale sur l’essence Le gouvernement fédéral suspendra temporairement la taxe fédérale d’accise sur l’essence et le diesel à compter du 20 avril, jusqu’au 7 septembre. Cette suspension temporaire survient alors que les cours mondiaux du pétrole restent volatils dans un contexte de tensions entre les États-Unis et l’Iran.

«Mais les prix ont probablement atteint leur pic, et ils vont commencer à baisser», a affirmé M. Wright dimanche à l’émission State of the Union de CNN.

Le prix du pétrole brut — principal composant de l’essence — a connu des fluctuations spectaculaires depuis que les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran le 28 février, et que l’Iran a riposté par des frappes aériennes contre d’autres États du Golfe.

Le brut se négociait à environ 70 $ US le baril avant le conflit, a parfois grimpé à plus de 119 $ US, et a clôturé vendredi à 82,59 $ US pour le pétrole américain et à 90,38 $ US pour le Brent.

Les analystes du secteur ont averti à plusieurs reprises que plus le détroit resterait fermé, plus les prix risquaient de grimper.

Un fragile cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran doit expirer mercredi, tandis que l’escalade des tensions dans le détroit d’Ormuz remet en question l’avenir des nouvelles négociations visant à mettre fin à la guerre.

Même si un accord durable visant à rouvrir le détroit d’Ormuz voit le jour, les analystes estiment qu’il pourrait falloir des mois pour que les expéditions de pétrole reviennent à des niveaux normaux et que les prix du carburant baissent.

L’accumulation des pétroliers, les propriétaires de navires inquiets d’une nouvelle escalade soudaine et les infrastructures énergétiques endommagées pendant la guerre sont autant de facteurs susceptibles d’empêcher la production et les volumes d’expédition de revenir à leurs niveaux d’avant-guerre.

Selon la fédération automobile AAA, le gallon d’essence ordinaire coûtait en moyenne près de 4,05 $ US dimanche aux États-Unis. C’est environ 8 cents de moins qu’il y a une semaine, mais bien plus que les 2,98 $ US d’avant la guerre.