Conflit au Moyen-Orient

Des militants du Hamas ont exécuté de nombreux Palestiniens, dit un rapport

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ARCHIVES - Des militants palestiniens armés du Hamas et du Jihad islamique se rassemblent près des prières de l'Aïd al-Fitr dans la ville de Gaza, le 20 mars 2026. (Photo AP/Abdel Kareem Hana, Archives) ARCHIVES - Des militants palestiniens armés du Hamas et du Jihad islamique se rassemblent près des prières de l'Aïd al-Fitr dans la ville de Gaza, le 20 mars 2026. (Photo AP/Abdel Kareem Hana, Archives) (Abdel Kareem Hana)

Selon un rapport des Nations unies publié mardi, des militants du Hamas et des unités de police à Gaza ont battu, mutilé et exécuté publiquement des dizaines de Palestiniens pendant la guerre avec Israël, dans le cadre d’actes constituant des crimes de guerre.

Le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a recensé des centaines de cas de châtiments extrajudiciaires dans ce territoire ravagé par la guerre, qui, selon lui, ont souvent été rendus publics pendant et après les faits afin d’instiller la peur dans la population.

«Ces cas comprenaient des exécutions, des coups aux genoux, des fractures infligées à l’aide de tuyaux métalliques ou de briques de ciment, ainsi que des passages à tabac, et étaient présentés par leurs auteurs comme des punitions pour une prétendue collaboration avec Israël, le pillage de l’aide humanitaire, le vol, des infractions liées à la drogue ou des affiliations avec des rivaux internes», indique-t-il.

La commission a constaté que des militants affiliés au Hamas et des forces de police étaient impliqués dans près d’un quart des 249 cas documentés — dont 108 décès — entre août 2024 et janvier 2026. La commission a spécifiquement enquêté sur les cas impliquant des forces affiliées au Hamas, mais a également recensé ceux attribués à d’autres groupes armés.

Les représentants du Hamas n’ont pas répondu aux questions concernant les allégations contenues dans le rapport.

Le Hamas dirige Gaza depuis près de deux décennies, après avoir pris le contrôle du territoire aux mains de l’Autorité palestinienne reconnue internationalement. Depuis qu’un cessez-le-feu conclu en octobre a mis fin à plus de deux ans de guerre totale avec Israël, le Hamas a progressivement consolidé son contrôle sur les zones de Gaza qu’il gouverne encore.

Selon le rapport publié mardi, plutôt que d’être imposées par les tribunaux ou les juges, les sanctions ont été appliquées par la branche militaire du Hamas et les unités de police.

Srinivasan Muralidhar, président de la commission de l’ONU, a indiqué que les exactions documentées à Gaza se produisaient dans un «environnement orchestré par Israël», où «les forces affiliées au Hamas ont exploité le vide créé par les attaques israéliennes incessantes et les destructions massives».

Parmi les personnes visées figuraient des militants anti-Hamas et des membres de clans et de groupes armés soutenus par Israël qui ont émergé dans des zones où l’emprise du Hamas s’est affaiblie pendant la guerre, qui a fait près de 73 000 morts parmi les Palestiniens, selon le ministère de la Santé du territoire.

Le rapport de l’ONU cite des exécutions filmées, dont celle de trois hommes aux yeux bandés abattus par des hommes masqués devant l’hôpital Shifa en septembre 2025, devant une foule. Il décrit une autre exécution publique un mois plus tard, au cours de laquelle huit hommes ont été traînés sur une place publique de la ville de Gaza et abattus. Les deux groupes étaient accusés d’être des espions, des traîtres et des collaborateurs, selon le rapport.

Ces faits, a expliqué la commission, «constituent un crime de guerre de meurtre et une violation du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, y compris le droit à la vie, le droit à la liberté et à la sécurité et le droit à un procès équitable».

D’autres personnes visées par des passages à tabac et des formes d’humiliation publique — y compris des enfants — ont été accusées de vol, de trafic de drogue ou de vente illégale de tabac.

Des témoins ont également rapporté à la commission que ces punitions avaient été infligées dans des complexes hospitaliers, notamment au Complexe médical Nasser à Khan Younès. Elle a toutefois conclu que les activités documentées — qui ne visent pas Israël — ne privent pas les hôpitaux de la protection dont ils bénéficient en vertu du droit international. Israël a accusé à plusieurs reprises le Hamas d’utiliser des écoles, des hôpitaux et des mosquées pour mener des opérations.

Une violence en hausse critiquée

Ce rapport est le dernier en date de l’organisation mondiale, qui avait accusé l’année dernière Israël de commettre un génocide, d’utiliser la famine comme arme de guerre à Gaza et de se livrer à un nettoyage ethnique en Cisjordanie — des allégations qu’Israël nie vigoureusement. Israël a accusé à plusieurs reprises le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme de partialité anti-israélienne.

Le rapport de l’ONU a également critiqué la vague croissante de violence perpétrée par les colons israéliens en Cisjordanie occupée, affirmant qu’elle «sert à mettre en œuvre la politique de l’État israélien, l’État et les groupes de colons violents œuvrant tous deux vers les mêmes objectifs stratégiques: le renforcement des colonies israéliennes, l’annexion du territoire palestinien et le déplacement des Palestiniens de leurs terres».

Le ministère israélien des Affaires étrangères n’a pas répondu aux questions concernant ces allégations.

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, 1098 Palestiniens — dont au moins 240 enfants — ont été tués par les troupes israéliennes ou des colons en Cisjordanie occupée, selon les chiffres de l’ONU.

Au milieu de ces violences, les communautés bédouines des zones rurales ont été chassées de leurs terres à mesure que de nouveaux avant-postes israéliens ont vu le jour et que le gouvernement pro-colons du premier ministre Benyamin Nétanyahou a pris des mesures pour en légaliser d’autres.