Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont indiqué que des frappes aériennes saoudiennes avaient touché lundi l’aéroport international de Sanaa, tandis que le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale a affirmé que ces frappes visaient à empêcher un avion iranien d’atterrir.
Depuis des années, une coalition dirigée par l’Arabie saoudite et établie dans le sud du Yémen, dont fait partie le gouvernement internationalement reconnu, combat les Houthis dans le nord du pays.
L’Arabie saoudite n’a pas reconnu dans l’immédiat avoir mené des frappes aériennes au Yémen, et ses responsables n’ont pas répondu à une demande de commentaires.
Le général Taher al-Aqili, ministre de la Défense du gouvernement, a mentionné sur X que la piste de l’aéroport avait été touchée afin d’empêcher l’atterrissage de l’avion transportant la délégation houthie après sa participation aux funérailles du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
Dans une déclaration vidéo publiée peu avant les frappes, M. al-Aqili avait mis en garde contre toute intrusion d’avions iraniens dans l’espace aérien yéménite.
«À l’heure actuelle, nous affirmons que notre patience est à bout. En conséquence, nous riposterons de manière appropriée à cet acte perfide et brutal, et nous affronterons et neutraliserons par tous les moyens disponibles les aéronefs hostiles qui violent l’espace aérien et la souveraineté yéménites», a-t-il déclaré.
Les Houthis ont souligné que l’avion avait modifié son itinéraire et avait atterri à l’aéroport de Hodeïda.
Aucun dégât n’a été signalé à l’aéroport de Sanaa.
Un responsable des Houthis, le général de brigade Yahya Saree, a déclaré sur Telegram que l’Arabie saoudite avait lancé ces frappes aériennes, marquant ainsi, selon lui, «la fin de la phase de désescalade».
Il a averti que «cette agression ne restera pas sans réponse ni sans sanction».
Le ministère yéménite de la Défense a donné l’ordre d’évacuer l’aéroport et ses environs.
Rashad al-Alimi, qui dirige le Conseil de direction présidentielle au pouvoir au Yémen, a avancé que l’Iran avait demandé à affréter un vol de la compagnie aérienne iranienne Mahan Air, reliant Téhéran à Sanaa, afin de rapatrier la délégation houthie.
