Conflit au Moyen-Orient

Des experts de l’ONU regrettent que l’accord irano-américain n’évoque pas les droits humains

«Le peuple iranien — qui a énormément souffert à la fois des agressions militaires extérieures et de la répression interne — est à peine visible dans ce cadre.»

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Un accord fragile entre l'Iran et les États-Unis? L’Iran et les États-Unis ont signé cette semaine un protocole d’accord pour mettre fin à plus de trois mois de conflit au Moyen-Orient.

Des experts de l’ONU ont regretté vendredi que l’accord-cadre signé cette semaine par les États-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient n’évoque pas la situation des droits humains en Iran.

Le protocole d’accord signé cette semaine par le président américain Donald Trump et son homologue iranien Masoud Pezeshkian vise à mettre fin à un conflit entamé le 28 février dernier avec des frappes américano-israéliennes en Iran.

Un groupe de 18 experts indépendants de l’ONU a dit saluer l’accord, mais a averti que «tout accord qui ne traite pas de la situation des droits humains en Iran sera fondamentalement incomplet».

«Le mémorandum se concentre presque exclusivement sur le retrait militaire, la réouverture du détroit d’Ormuz, les engagements nucléaires, l’allègement des sanctions et un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars», ont-ils rappelé dans un communiqué. «Le peuple iranien — qui a énormément souffert à la fois des agressions militaires extérieures et de la répression interne — est à peine visible dans ce cadre.»

Ces experts, mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU mais ne s’exprimant pas au nom des Nations unies, ont souligné que le conflit avait eu un impact dévastateur en Iran et dans toute la région. Des milliers de civils ont été tués dans des frappes aériennes et des millions de personnes contraintes de fuir.

En parallèle, ils ont relevé que les autorités iraniennes avaient dans le même temps «réprimé durement toute dissidence».

Ils ont indiqué qu’au moins 156 personnes avaient été exécutées en Iran depuis le début du conflit, dont 42 pour des accusations d’espionnage et de sécurité nationale.

Des milliers d’autres ont été arrêtées, souvent torturées, victimes de disparitions forcées, de simulacres d’exécution ou forcées à des aveux filmés, ont-ils ajouté.

Le conflit a également porté un coup sévère à l’économie iranienne, ainsi que les trois mois de coupure quasi totale d’internet, l’une des plus longues jamais enregistrées.

«Un accord qui sert des intérêts géopolitiques tout en laissant de côté le peuple iranien n’est pas un accord de paix digne de ce nom», ont insisté les experts.

«Les voix des Iraniens — dont des millions sont descendus dans les rues pour réclamer un changement fondamental — doivent être entendues dans toute négociation qui prétend garantir leur avenir».