Conflit au Moyen-Orient

Des Canadiens attendent à la frontière irano-turque dans l’espoir de revoir leurs proches

«Je veux juste les retrouver. Rien d’autre.»

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Une équipe de fonctionnaires consulaires canadiens a vu des centaines de personnes traverser la frontière irano-turque pour entrer en Turquie dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. (CTV News) Une équipe de fonctionnaires consulaires canadiens a vu des centaines de personnes traverser la frontière irano-turque pour entrer en Turquie dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. (CTV News)

Le poste frontière historique de Kapikoy traverse un col montagneux le long de la route de la soie.

Il constitue un lien vital entre la Turquie et l’Iran depuis le XVIIe siècle. Au cours des deux dernières semaines, des voyageurs épuisés par la guerre ont emprunté un long passage piétonnier pour se rendre vers un refuge pour eux-mêmes et leurs familles.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Lundi, une équipe de fonctionnaires consulaires canadiens présents à la frontière a raconté que c’était la journée la plus chargée qu’ils aient connue jusqu’à présent, avec des centaines de personnes entrant en Turquie. Ils espèrent venir en aide aux Canadiens qui, selon leurs informations, attendent du côté iranien de la frontière, tandis que leurs familles attendent du côté turc, désespérées de revoir leurs proches.

Un père de famille de Vancouver, qui a demandé à ce que nous n’utilisions que son prénom, Marjan, nous confie qu’il attend sa femme Moji, leur fille Nia, âgée de 1 an, et leur fille Meela, âgée de 3 ans.

«Je suis très inquiet pour leur santé, j’ai juste besoin de les retrouver ici en bonne santé, c’est tout», a-t-il confié. «C’est la seule chose dont j’ai besoin en ce moment...»

«Je n’ai besoin de rien d’autre au monde, je veux juste les retrouver. Rien d’autre.»

—  Marjan, un père de famille

Marjan explique qu’il s’est appuyé sur un tiers en Iran pour transmettre des messages à sa femme, et qu’on lui a dit qu’elles étaient en route vers la frontière. Il a pris l’avion depuis Vancouver dans l’espoir de les retrouver.

«Depuis le début de ce conflit, il n’y a aucun moyen de communiquer facilement avec les Canadiens qui ont besoin d’aide de l’autre côté de la frontière (iranienne)», a rapporté Philemon Leroux, un agent consulaire canadien, ajoutant que les communications dans tout l’Iran sont coupées.

CTV News s’est rendu à la frontière et a suivi les mouvements des Canadiens qui tentent de fuir la guerre.

Les agents consulaires canadiens à la frontière irano-turque à Kapikoy affirment avoir vu des centaines de personnes entrer en Turquie pour échapper au conflit qui sévit en Iran. Les agents consulaires canadiens à la frontière irano-turque à Kapikoy affirment avoir vu des centaines de personnes entrer en Turquie pour échapper au conflit qui sévit en Iran. (CTV News)

«Cela nous rend humains»

Mohammad Asadi a pris l’avion depuis l’Allemagne, à plus de 3000 kilomètres de là, pour attendre que sa tante, qui réside en Colombie-Britannique, passe la frontière.

«Je suis ici depuis plusieurs heures à attendre de voir ma tante», a-t-il lancé, affirmant qu’elle s’était rendue à Téhéran pour rendre visite à sa famille avant que la guerre n’éclate.

M. Asadi explique qu’il était le plus proche géographiquement et qu’il a dit à sa famille au Canada qu’il viendrait l’aider.

«C’est ce qui fait de nous des êtres humains: être avec notre famille, aider notre famille lorsqu’elle est dans le besoin, aider ceux que nous pouvons aider», a-t-il dit.

Beaucoup de ceux qui se sont entretenus avec CTV News fuient les zones urbaines qui, selon eux, sont lourdement bombardées par les forces américaines et israéliennes.

Le quartier où vivait la famille de Marjan a été la cible de multiples frappes, ce qui l’a parfois amené à craindre le pire.

Mais ce jour-là, il n’avait que des larmes de joie à verser. CTV News était présent lorsqu’il est sorti du poste-frontière avec Meela dans les bras, tous deux souriant jusqu’aux oreilles.

Lorsqu’on lui a demandé ce que cela signifiait pour lui d’avoir sa fille à nouveau dans ses bras, il a répondu : «La paix et la maison. Juste ces deux mots.»

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Lorsque sa femme a vu son mari qui l’attendait, elle dit que tout s’est arrêté. «Je vis pour ce moment», a-t-elle dit.

Alors que la famille charge ses bagages et ses affaires dans une grande camionnette blanche et fait ses adieux en partant, CTV News apprend que Mohammad Asadi n’a pas cette chance.

Laissée en attente jusqu’à la nuit, sa tante ne peut pas passer la frontière iranienne, les agents frontaliers lui refusant l’entrée en Turquie avec son passeport canadien, sous prétexte qu’elle a besoin d’un visa. Mais ils se trompent: les Canadiens n’ont pas besoin de visa pour entrer en Turquie.

Les agents consulaires canadiens téléphonent à l’ambassade du Canada en Turquie, mais ils admettent qu’ils ont les mains liées. Le Canada n’entretient pas de relations diplomatiques solides avec l’Iran, et son ambassade a fermé en 2012.

Après plusieurs heures difficiles, Mohammad Asadi a pris la décision d’essayer de passer en Iran. Il est refoulé. Ils ne l’ont pas autorisé à entrer.

«Elle se retrouve seule de ce côté-là, par ce temps froid, obligée de dormir par terre jusqu’à ce que nous trouvions une autre solution», a-t-il expliqué.

C’est la réalité pour tant de personnes déplacées en temps de guerre. Alors que certaines rentrent chez elles, d’autres attendent dans l’obscurité, espérant qu’un nouveau jour ramènera leurs proches à la maison.