Conflit au Moyen-Orient

Des avions américains ne participant pas aux opérations en Iran «acceptés» sur une base en France

«Il s’agit d’une procédure de routine dans le cadre de l’OTAN.»

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Cette image fournie par le Commandement central américain montre des avions sur le pont d'envol de l'USS Abraham Lincoln (CVN 72) qui opèrent dans le cadre de la guerre en Iran, le mardi 3 mars 2026. Cette image fournie par le Commandement central américain montre des avions sur le pont d'envol de l'USS Abraham Lincoln (CVN 72) qui opèrent dans le cadre de la guerre en Iran, le mardi 3 mars 2026.

Des avions militaires américains «de soutien» ont été autorisés sur la base française d’Istres (sud-est) a annoncé jeudi l’Etat-major français, affirmant avoir obtenu la «complète garantie» que ces appareils «ne participent en aucune mesure aux opérations menées par les États-Unis en Iran».

Le gouvernement s’est défendu de toute entorse à la posture «défensive» affichée par la France dans le cadre du conflit déclenché samedi par des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran.

«Des avions américains de soutien aux opérations (pas des avions de combat) ont été acceptés sur la base aérienne d’Istres en France», a annoncé l’Etat-major dans une déclaration.

«Compte tenu du contexte, la France a exigé que les moyens concernés ne participent en aucune mesure aux opérations menées par les États-Unis en Iran, mais strictement pour l’appui à la défense de nos partenaires dans la région. Elle en a obtenu la complète garantie», a assuré l’Etat-major.

Nouvelle nuit de frappes au Moyen-Orient Les explosions ont rythmé la nuit de mercredi à jeudi, de Jérusalem à Téhéran en passant par Beyrouth et le Kurdistan irakien, dans un conflit qui n’en finit pas de s’étendre à travers le Moyen-Orient, suscitant de vives inquiétudes pour l’économie mondiale.

Interrogée sur le sujet, la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, a assuré qu’«on est sur une procédure de routine dans le cadre de l’OTAN».

«Dans certains pays, c’est automatique et pas vérifié politiquement. Nous vérifions systématiquement et en l’espèce, les avions qui ont pu se ravitailler à Istres sont des avions qui servaient à la défense des pays du Golfe et pas à l’action offensive américaine. C’est la limite que nous avons mise et elle a été respectée», a-t-elle ajouté.

«Il n’y a pas d’utilisation des bases françaises au Proche et Moyen-Orient pour l’action offensive américaine», a-t-elle également affirmé.

Cinq avions ravitailleurs

Selon des données du site spécialisé Flightradar analysées par l’AFP, quatre avions ravitailleurs KC-135 sont arrivés sur la base d’Istres lundi, en provenance de Rota, ville du sud de l’Espagne où se trouve une base américaine.

Un autre avion du même type est arrivé mercredi, également depuis Rota.

Ces appareils n’ont depuis pas quitté la base, selon les données disponibles sur le site de Flightradar.

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a affirmé lundi son refus de laisser les États-Unis utiliser ses bases militaires de Rota et Moron, en Andalousie, pour mener leur conflit contre l’Iran, suscitant la colère de Donald Trump qui a menacé de «cesser tout commerce avec l’Espagne» en représailles.

Emmmanuel Macron, qui estime que l’offensive américano-israélienne est menée «en dehors du droit international», a répété mardi que la France était dans une posture «strictement défensive».

La guerre «ne fait que commencer» disent les É.-U., l’Iran promet une «destruction totale» Israël et les É.-U. ont continué à bombarder Téhéran et plusieurs villes iraniennes, alors que la guerre entrait dans son cinquième jour.

Il a annoncé le déploiement d’importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles-De-Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit «prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région».

La France est liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Émirats, ainsi que par des «engagements solides avec la Jordanie et l’Irak», tous visés par des frappes iraniennes, a-t-il affirmé.

Deux bases françaises ont notamment été prises pour cibles et des drones ONT été abattus par les forces françaises, a-t-il également rappelé.

Face aux annonces d’Emmanuel Macron, l’opposition de gauche a mis en garde contre le risque pour Paris d’être entraîné dans le conflit.

Critiqué par Donald Trump pour un supposé manque de coopération, le premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé mercredi que «des avions américains opéraient à partir de bases britanniques».