Le vice-président américain JD Vance a expliqué que les négociations entre les États-Unis et l’Iran s’étaient terminées tôt dimanche matin sans accord de paix, les Iraniens ayant refusé les conditions américaines de ne pas développer l’arme nucléaire.
Ces pourparlers cruciaux se sont achevés après 21 heures, a précisé M. Vance, qui est resté en contact permanent avec le président américain Donald Trump et d’autres membres de l’administration.
«Le fait est que nous avons besoin d’un engagement ferme de leur part à ne pas se doter de l’arme nucléaire, ni des moyens de s’en procurer rapidement, a expliqué M. Vance aux journalistes. C’est l’objectif principal du président des États-Unis. Et c’est ce que nous avons tenté d’obtenir au cours de ces négociations.»
Le vice-président a indiqué avoir parlé avec Donald Trump «une demi-douzaine de fois, une douzaine de fois, au cours des dernières 21 heures» et s’être également entretenu avec le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et l’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central des États-Unis.
«Nous étions constamment en communication avec l’équipe, car nous négociions de bonne foi, a expliqué M. Vance, s’exprimant depuis une tribune devant deux drapeaux américains, entouré de l’envoyé spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner. Nous quittons cet endroit avec une proposition très simple, une méthode de compréhension qui constitue notre offre finale et la meilleure. Nous verrons si les Iraniens l’acceptent.»
Donald Trump avait annoncé la suspension des attaques contre l’Iran pour deux semaines. Les propos de M. Vance n’ont pas précisé ce qui se passera après l’expiration de cette période ni si le cessez-le-feu sera maintenu.
La guerre entre dans sa septième semaine
Ces pourparlers historiques se sont achevés quelques jours après l’annonce d’un cessez-le-feu fragile de deux semaines, alors que la guerre, qui a fait des milliers de morts et ébranlé les marchés mondiaux, entrait dans sa septième semaine. Deux responsables pakistanais ont indiqué que les discussions entre les chefs de délégation reprendraient après une interruption.
Certains experts techniques des deux équipes sont toujours en réunion, ont précisé ces responsables, qui ont requis l’anonymat, car ils n’étaient pas autorisés à s’adresser à la presse.
Parallèlement, l’armée américaine a annoncé que deux destroyers avaient franchi le détroit d’Ormuz, contrôlé par l’Iran, en prévision d’opérations de déminage, une première depuis le début du conflit. Les médias d’État iraniens ont cependant indiqué que le commandement militaire conjoint avait démenti cette information.
«Nous procédons au déminage du détroit. Qu’un accord soit conclu ou non m’est égal», a déclaré Donald Trump aux journalistes alors que les discussions se poursuivaient et qu’il était presque 2 heures du matin à Islamabad. Il a qualifié les négociations de «très approfondies».
La télévision d’État iranienne a fait état de divergences qu’elle a qualifiées de «sérieuses».
La délégation américaine, conduite par Vance, et la délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement, Mohammad Bagher Qalibaf, ont discuté avec le Pakistan des moyens de consolider le cessez-le-feu, déjà fragilisé par de profonds désaccords et par la poursuite des attaques israéliennes contre le Hezbollah, soutenu par l’Iran, au Liban. Le ministère de la Santé libanais a annoncé que le bilan des victimes avait dépassé les 2000 morts.
Depuis la révolution islamique iranienne de 1979, le contact le plus direct entre les États-Unis et l’Iran remonte à 2013, lorsque le président Barack Obama s’est entretenu par téléphone avec le président nouvellement élu Hassan Rouhani au sujet du programme nucléaire iranien. Le secrétaire d’État de M. Obama, John Kerry, et son homologue Mohammad Javad Zarif se sont ensuite rencontrés lors des négociations de l’accord nucléaire iranien de 2015 — un processus qui a duré plus d’un an.
Désormais, ces pourparlers, d’une ampleur bien plus grande, réunissent M. Vance, un défenseur réticent de la guerre, peu expérimenté en diplomatie, qui a mis en garde l’Iran contre toute tentative de manipulation, et M. Qalibaf, un ancien commandant des puissants Gardiens de la révolution iraniens, auteur de certaines des déclarations les plus virulentes de l’Iran depuis le début du conflit.
L’Iran fixe des «lignes rouges», notamment une compensation pour les frappes.
L’agence de presse officielle iranienne a annoncé que ces pourparlers tripartites ont débuté après que les conditions préalables iraniennes, dont une réduction des frappes israéliennes au Sud-Liban, ont été satisfaites.
La délégation iranienne a déclaré à la télévision d’État avoir présenté des «lignes rouges» lors de ses rencontres avec le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, notamment une indemnisation pour les dommages causés par les frappes américano-israéliennes qui ont déclenché la guerre le 28 février et le déblocage des avoirs iraniens gelés.Ce conflit a fait au moins 3000 morts en Iran, 2020 au Liban, 23 en Israël et plus d’une douzaine dans les pays arabes du Golfe, et a causé des dommages durables aux infrastructures dans une demi-douzaine de pays du Moyen-Orient.
La mainmise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz a largement isolé le Golfe persique et ses exportations de pétrole et de gaz de l’économie mondiale, provoquant une flambée des prix de l’énergie.
