🌍 Conflit au Moyen-Orient

Déblaiement de gravats à Gaza: la rapporteuse de l’ONU craint la destruction de preuves

«Les gravats de Gaza contiennent des restes humains et des éléments matériels importants pour enquêter sur des crimes internationaux présumés.»

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Des Palestiniens inspectent la mosquée d'Abu Salim au lendemain d'une frappe aérienne israélienne, à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 août 2026. Des Palestiniens inspectent la mosquée d'Abu Salim au lendemain d'une frappe aérienne israélienne, à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 août 2026. (Abdel Kareem Hana/AP Photo/Abdel Kareem Hana)

Le déblaiement des gravats dans les zones de la bande de Gaza sous contrôle militaire israélien «ne doit pas devenir un moyen d’effacer les traces» de crimes, a affirmé lundi Francesca Albanese, rapporteuse de l’ONU pour les territoires palestiniens.

«Le retrait, le concassage et le déplacement des gravats à Gaza ne doivent pas détruire les éléments de preuve de crimes internationaux ni empêcher la récupération et l’identification des dépouilles humaines», a déclaré dans un communiqué Mme Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés.

Mme Albanese, nommée par le Conseil des droits de l’homme mais qui ne parle pas au nom de l’ONU, a souligné que «les gravats de Gaza contiennent des restes humains et des éléments matériels importants pour enquêter sur des crimes internationaux présumés».

La guerre menée par Israël à Gaza a fait plus de 73 000 morts côté palestinien et 174 000 blessés depuis octobre 2023 d’après le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.

Elle a été déclenchée après l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël qui a fait 1221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP.

Dans un rapport publié en avril, la Banque mondiale, l’Union européenne et les Nations unies avaient estimé que Gaza comptait 68 millions de tonnes de gravats provenant de bâtiments détruits ou endommagés.

Mme Albanese, citant les autorités palestiniennes, affirme que plus de 10 000 personnes seraient encore ensevelies sous les décombres, alors que «près de 70% de Gaza est soumis à des restrictions d’accès et à différents degrés de contrôle militaire israélien».

En janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) avait ordonné à Israël de prendre des mesures pour empêcher la destruction et assurer la conservation des éléments de preuve relatifs aux allégations de violations de la Convention sur le génocide, rappelle Mme Albanese.

Les défis de l’accord sur le désarmement du Hamas et un retrait israélien de Gaza Voyez le compte-rendu de la situation de Juliette Poireau.

Or celle-ci a affirmé avoir reçu en août des «informations crédibles» provenant de plusieurs sources faisant état d’une opération impliquant «le retrait, le concassage et le transport délibérés et à grande échelle de gravats».

«Dans une Gaza dévastée, les gravats (…) font partie d’une scène de crime, d’un cimetière et constituent la trace matérielle de ce qui s’est passé pendant une campagne de bombardements brutale et insensée qui a duré deux ans», a expliqué la rapporteuse, qui fait l’objet de sanctions américaines en lien avec ses critiques sur le traitement réservé aux Palestiniens par Israël.

Elle recommande qu’avant de déplacer ou détruire ces gravats, «soient menées la récupération et l’identification dans la dignité des restes humains, la documentation systématique des sites et des matériaux (et) la préservation des éléments de preuve».

«Les acteurs étatiques et les entreprises impliqués dans leur retrait doivent savoir qu’en détruisant des éléments de preuve de crimes internationaux, ils pourraient engager leur responsabilité pénale», a-t-elle prévenu.

Contactées par l’AFP, les autorités israéliennes n’étaient pas immédiatement disponibles pour commenter ces informations.