Conflit au Moyen-Orient

De nouveaux vols évacuent des voyageurs bloqués par le conflit au Moyen Orient

«Jamais, nous n’aurions pensé que cela arriverait.»

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Les passagers dont les vols ont été annulés attendent dans le terminal de départ de l'aéroport international Rafik Hariri à Beyrouth, au Liban, le samedi 28 février 2026, alors que de nombreuses compagnies aériennes ont annulé leurs vols en raison du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran. Les passagers dont les vols ont été annulés attendent dans le terminal de départ de l'aéroport international Rafik Hariri à Beyrouth, au Liban, le samedi 28 février 2026, alors que de nombreuses compagnies aériennes ont annulé leurs vols en raison du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran. (Hassan Ammar)

Gouvernements et compagnies aériennes organisent des vols pour rapatrier des voyageurs bloqués par le conflit au Moyen-Orient, qui a provoqué l’annulation de plus de 20 000 liaisons dans cette région du monde, avec une reprise mercred au compte-gouttes du trafic, au départ de hubs comme Dubaï et Riyad.

Après l’attaque israélo-américaine contre l’Iran samedi et les représailles de la République islamique contre des monarchies du Golfe et Israël, les espaces aériens de nombreux pays ont été fermés.

Sur les 36 000 vols prévus depuis le 28 février au départ du ou vers le Moyen-Orient, plus de 20 000 ont été annulés, selon le fournisseur de données spécialisé Cirium.

Mercredi, 47,3% des 3 656 vols du jour prévus ont été annulés, une amélioration par rapport aux 65,9% d’annulations la veille.

Cirium estime que le nombre de voyages affectés s’élève à 4,4 millions au départ et vers le Moyen Orient sur la période.

Alors que de nouveaux vols reprennent, des passagers soulagés ont commencé à rentrer chez eux mercredi.

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Arrivant dans des aéroports en Australie, en France, en Allemagne, en Inde, en Russie ou encore à Taïwan, ils ont raconté leurs nuits sans sommeil et les épreuves de plusieurs jours pour quitter le Moyen-Orient.

Max Lin, un étudiant taïwanais, faisait de la moto sur la plage pendant une longue escale à Dubaï lorsqu’il a reçu la nouvelle qui a chamboulé son voyage samedi, le jour où les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran.

«Mon ami m’a envoyé un message pour me demander s’il se passait quelque chose là où j’étais», a-t-il raconté. «J’ai regardé les infos et j’ai compris qu’il semblait y avoir une guerre, donc mon vol de ce soir-là a été annulé», a-t-il confié à l’AFP en descendant du premier vol direct, depuis le début du conflit, de la compagnie Emirates entre Dubaï et l’aéroport international de Taoyuan à Taïwan.

Fanny Wu, qui avait voyagé à Dubaï avec ses deux enfants, a raconté que des bombes «explosaient juste à côté» d’eux lors du déclenchement des frappes aériennes. «Nous n’avions jamais vécu quelque chose comme ça», a témoigné l’habitante de Taïwan.

Évacuations

Un vol des services d’urgence russes a évacué 117 ressortissants, dont 54 enfants, d’Azerbaïdjan après leur sortie d’Iran par la frontière terrestre.

La France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne et les États-Unis ont également organisé des vols d’évacuation spéciaux depuis des pays comme la Jordanie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Un premier vol organisé par la France pour rapatrier ses ressortissants du Moyen-Orient est arrivé dans la nuit de mardi à mercredi à Paris en provenance d’Oman.

La passagère Emmy Coutelier, 18 ans, a enlacé sa sœur à l’aéroport Charles-de-Gaulle après avoir atterri à Paris en provenance des Émirats.

Lorsque les premières frappes ont touché Dubaï, elle se trouvait dans la piscine de son hôtel avec son petit ami, a-t-elle raconté. «Jamais, nous n’aurions pensé que cela arriverait», a-t-elle déclaré à l’AFP.

«Une alarme a retenti au milieu de la nuit nous disant de ne pas rester près des fenêtres», a-t-elle ajouté. «Nous sommes descendus au sous-sol», a-t-elle poursuivi.

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La France a indiqué qu’elle organiserait d’autres vols d’évacuation, mais la ministre chargée de la francophonie Éléonore Caroit a évoqué «un processus complexe, avec une incertitude constante car nous sommes dans une situation très évolutive».

Une centaine de places avaient été réservées par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour les personnes les plus «vulnérables», a-t-elle précisé.

Quelque 400 000 ressortissants français sont présents dans la quinzaine de pays concernés par le conflit.

Un vol d’évacuation en provenance d’Abou Dhabi a par ailleurs rapatrié 175 passagers vers la capitale espagnole, Madrid.

Carolina Garcia, étudiante et son amie Adriana Mecia ont témoigné de leur «angoisse» et de leur «épuisement». «Nous n’avons pas dormi depuis environ trois jours», a indiqué Adriana.

Les États-Unis ont indiqué pour leur part que plus de 9 000 Américains avaient quitté la région depuis samedi, dont plus de 300 en provenance d’Israël.

Le département d’État a exhorté les Américains présents dans l’ensemble du Moyen-Orient, à l’est de l’Égypte, à partir pour leur propre sécurité.

Réouverture de l’espace aérien israélien

Le ministre israélien des Transports a annoncé que le pays rouvrirait progressivement son espace aérien dans la nuit de mercredi à jeudi, «sous réserve de l’évolution de la situation sécuritaire».

Les premiers vols serviront à rapatrier des Israéliens, a indiqué à l’AFP un porte-parole du ministère des Transports, en précisant qu’il n’y aurait pas de départs dans l’immédiat.

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La réouverture était initialement prévue pour la semaine prochaine, mais a été avancée «à la suite d’évaluations sécuritaires menées avec des experts professionnels et de sécurité», a déclaré la ministre des Transports, Miri Regev.

Sharon Kedmi, directeur général de l’Autorité des aéroports d’Israël, a déclaré aux journalistes que la réouverture commencerait «très prudemment, avec un avion par heure pendant les 24 premières heures.