Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a réclamé mardi que des enquêteurs internationaux soient autorisés à accéder à la bande de Gaza «pour aider à la collecte de preuves», suspectant de possibles violations et crimes de guerre par Israël.
«On exhume actuellement, sur des sites pulvérisés par les attaques israéliennes, les restes de ce qui semble être des familles entières», a déclaré Volker Türk dans un communiqué, affirmant que «la découverte d’un grand nombre de dépouilles sous les décombres à Gaza-ville ravive des préoccupations concernant des crimes de guerre et d’autres crimes atroces».
«Je crains que les restes retrouvés jusqu’à présent ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Une grande partie de Gaza a été rasée par les bombardements israéliens ou par des opérations de démolition et de déblaiement à l’aide d’engins lourds et d’explosifs. Aujourd’hui encore, de nombreuses zones de Gaza où l’armée israélienne est déployée continuent d’être nivelées par des bulldozers, sans aucun respect pour les morts gisant sous les décombres», a-t-il ajouté.
Ainsi, pour «préserver les preuves de violations, y compris sur les sites détruits», M. Türk a appelé «à ce que des enquêteurs internationaux soient autorisés à accéder à toutes les zones de Gaza pour aider à la collecte de preuves», a indiqué le Haut-Commissariat, rappelant qu’«Israël refuse l’entrée d’engins lourds destinés au déblaiement des décombres».
Le Haut-Commissariat rapporte que la Défense civile palestinienne a fait état de plus de 630 corps et autres restes humains extraits des décombres de bâtiments détruits à travers Gaza entre novembre 2025 et septembre 2026. Elle estime à plus de 8000 le nombre total de personnes portées disparues sous les décombres.
«Tout doit être mis en œuvre pour documenter et identifier ces victimes, préserver les données médico-légales et les échantillons biologiques, consigner les lieux de sépulture et informer les familles», a insisté M. Türk.
Entre le 27 juin et le 27 août, la Défense civile palestinienne a signalé l’extraction de 233 corps sous les décombres de 20 bâtiments détruits, principalement dans la ville de Gaza. Parmi ces dépouilles ont été comptabilisés 74 enfants et 106 femmes.
«Le droit des familles de connaître le sort de leurs proches ne s’arrête pas à l’identification et à une inhumation digne. Elles méritent de connaître toute la vérité», a déclaré le Haut-Commissaire.
