Conflit au Moyen-Orient

Conflit en Iran: Israël annonce avoir éliminé Ali Larijani

«Nous ébranlons ce régime dans l’espoir de donner au peuple iranien une chance de s’en débarrasser.»

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Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue de sa rencontre avec le président du Parlement libanais, Nabih Berri, à Beyrouth, au Liban, le 13 août 2025. Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue de sa rencontre avec le président du Parlement libanais, Nabih Berri, à Beyrouth, au Liban, le 13 août 2025. (Bilal Hussein)

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé mardi «l’élimination» d’Ali Larijani, l’un des principaux dirigeants iraniens, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, après des frappes menées dans la nuit en Iran par l’armée israélienne.

«Le chef d’état-major vient de m’informer que Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, et Soleimani, chef du Bassidj - l’appareil répressif central de l’Iran, ont été éliminés hier soir», a déclaré M. Katz dans un message vidéo.

«Ils ont rejoint dans les profondeurs de l’enfer (Ali) Khamenei», guide suprême de la Révolution islamique, tué avec plusieurs autres haut-responsables iraniens aux premières heures des bombardements israélo-américains sur l’Iran le 28 février.

Depuis l’assassinat du guide suprême Khamenei, M. Larijani était l’un des principaux visages du pouvoir iranien.

«Bande de gangsters»

«Ce matin, nous avons éliminé Ali Larijani, le chef (d’)une bande de gangsters qui dirige en réalité l’Iran», a ensuite commenté le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, promettant de nouveau de prochaines «nombreuses surprises».

«Nous ébranlons ce régime dans l’espoir de donner au peuple iranien une chance de s’en débarrasser», et de prendre son «destin en main».

Larijani «est le dirigeant de facto du régime iranien, surtout depuis deux semaines, mais même avant cela, il était considéré comme celui qui prenait les décisions et tirait les ficelles», a commenté un responsable militaire, sous couvert d’anonymat.

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C’est Larijani qui «a orienté les attaques vers la région» et a ordonné des frappes contre Israël et les pays du Golfe, a affirmé ce même responsable.

Le chef de la milice du Bassidj, le général Soleimani, a quant à lui été «éliminé lors d’une frappe de l’armée de l’Air visant le quartier général de fortune sous tente qu’ils utilisaient, par crainte d’utiliser leurs bases habituelles».

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d’Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle «fait partie de l’appareil armé du régime terroriste iranien» et a «mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, (…) contre des manifestants civils», a commenté l’armée israélienne.

«Gratuitement»

«Soleimani faisait l’objet de sanctions américaines et européennes pour son rôle dans la répression des Iraniens. Larijani était lui aussi sous le coup de sanctions américaines pour la même raison, avec une prime de 10 millions de dollars sur sa tête. Nous l’avons fait gratuitement», a commenté le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Le responsable militaire a par ailleurs fait état d’une frappe contre l’un des principaux chefs du Jihad islamique palestinien, Akram Al-Ajouri, chef des brigades al-Qods, la branche militaire de ce mouvement, active surtout dans la bande de Gaza.

Akram Al-Ajouri «séjournait en Iran, où il résidait habituellement (…). Nous ne disposons pas encore de données» sur les résultats de la frappe, a ajouté cette même source.

«Le premier ministre (israélien Benjamin Netanyahou) et moi-même avons donné pour instruction à l’armée israélienne de poursuivre sans relâche les dirigeants du régime de terreur et d’oppression en Iran», a ajouté le ministre Katz.

L’armée israélienne «poursuit ses opérations en Iran avec une grande intensité, en ciblant les ressources du régime, en neutralisant ses capacités de lancement de missiles et en détruisant des infrastructures stratégiques clés (…)». La Révolution islamique «est en train d’être démantelée, et ses dirigeants ainsi que ses capacités sont en train d’être neutralisés», a-t-il assuré.

M. Katz a félicité «les pilotes et les équipes au sol de l’armée de l’Air, ainsi que toutes les branches et tout le personnel du renseignement» pour cette «opération qui restera dans les annales de l’histoire des guerres et des campagnes aériennes modernes comme un exploit sans précédent».

Le bureau du premier ministre a publié une photo légendée de M. Netanyahou, tout sourire, «ordonnant l’élimination de hauts responsables du régime iranien».