Le puissant chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, dont le pays joue le rôle de médiateur dans le conflit entre l’Iran et les États-Unis, est arrivé mardi à Téhéran, selon la télévision d’État.
Il a atterri dans la capitale en milieu d’après-midi, «accompagné d’une délégation de responsables de son pays», a indiqué la chaîne.
Selon l’agence Isna, il doit notamment rencontrer le président Massoud Pezeshkian et le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.
Sa précédente visite remonte à fin août et depuis, les négociations sont dans l’impasse entre Téhéran et Washington, les deux parties au conflit campant sur leurs positions, notamment en ce qui concerne la réouverture du stratégique détroit d’Ormuz.
M. Araghchi a attribué lundi aux États-Unis la responsabilité de «l’insécurité» dans le détroit, dont le passage a été verrouillé par l’Iran en représailles aux frappes israélo-américaines contre son territoire fin février.
L’Iran revendique depuis le contrôle de cette voie maritime, par où transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures mondiaux, et prend régulièrement pour cible des navires qui s’y aventurent sans son autorisation. Washington impose en retour un blocus naval aux ports iraniens.
Le Pakistan a joué un rôle de médiation très actif pour la mise au point d’un protocole d’accord signé mi-juin, censé mettre fin au conflit mais qui a rapidement volé en éclats.
Les États-Unis n’ont plus frappé militairement l’Iran depuis début septembre mais l’ombre d’une reprise des hostilités continue de peser sur le quotidien des Iraniens.
«Nous vivons avec cette éventualité jour et nuit, et nous ne pouvons pas l’écarter, même à l’heure où nous parlons», a ainsi déclaré mardi devant la presse le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï.
La visite en Iran du plus haut responsable de l’armée pakistanaise suit celle lundi du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, dont le pays souhaite se positionner également comme médiateur potentiel dans le conflit.
