🌍 Conflit au Moyen-Orient

Cisjordanie: l’ONU évoque crime contre l’humanité et nettoyage ethnique

Israël a immédiatement rejeté ces accusations.

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Des soldats israéliens sécurisent un bâtiment en construction tandis que des ambulances évacuent des Palestiniens blessés à la suite d'une attaque perpétrée par des colons israéliens dans le village de Qusra, en Cisjordanie occupée, samedi 29 août 2026. Photo AP Des soldats israéliens sécurisent un bâtiment en construction tandis que des ambulances évacuent des Palestiniens blessés à la suite d'une attaque perpétrée par des colons israéliens dans le village de Qusra, en Cisjordanie occupée, samedi 29 août 2026. Photo AP (Majdi Mohammed)

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a accusé vendredi Israël d’avoir déplacé de force plus de 33 000 Palestiniens de trois camps en Cisjordanie au début de 2025, évoquant la possibilité d’un crime contre l’humanité et d’un nettoyage ethnique.

Israël a immédiatement rejeté ces accusations, sa représentation à Genève accusant sur X le Haut-Commissariat de «mettre de côté l’impartialité, l’indépendance et la neutralité pour devenir l’épicentre d’un abominable activisme».

Dans un nouveau rapport, le Haut-Commissariat conclut que les forces de sécurité israéliennes ont déplacé de force, dans le cadre de l’opération «Mur de Fer», l’ensemble de la population palestinienne de trois camps de réfugiés en Cisjordanie occupée entre janvier et février 2025 et continuent d’empêcher leur retour, «en violation du droit international», selon un communiqué.

Le rapport cite les camps de Jénine, Tulkarem et Nour Chams et souligne que «le déplacement à grande échelle, prolongé et systématique de plus de 33 000 Palestiniens hors des camps de réfugiés (…) soulève de graves préoccupations quant à la commission du crime contre l’humanité de transfert forcé».

«Le recours à des frappes aériennes, à des bulldozers blindés et à des détonations contrôlées pour rendre des camps entiers inhabitables, forcer leurs habitants à se déplacer et empêcher leur retour, en l’absence de nécessité militaire impérieuse, n’est pas autorisé par le droit international, semble constituer une forme de punition collective et soulève des inquiétudes quant à un possible nettoyage ethnique», affirme le Haut-Commissariat.

Les défis de l’accord sur le désarmement du Hamas et un retrait israélien de Gaza Voyez le compte-rendu de la situation de Juliette Poireau.

Le 23 février 2025, Israël avait annoncé que son armée avait vidé de leurs habitants de ces trois camps de réfugiés palestiniens du nord de la Cisjordanie, et que ses soldats avaient pour ordre d’empêcher leur retour chez eux.

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Baptisée «Mur de Fer», cette opération a été lancée le 21 janvier, 48 heures après l’entrée en vigueur d’un fragile cessez-le-feu dans la bande de Gaza, après 15 mois de guerre. Celle-ci a été déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.

«Quarante mille Palestiniens ont déjà été évacués des camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nour Chams, et ces camps sont désormais vides de leurs habitants», avait déclaré le ministre de la Défense israélien Israël Katz dans un communiqué.

Ces trois camps font partie des 19 camps de réfugiés palestiniens établis en Cisjordanie et administrés par l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), selon le Haut-Commissariat.

«La manière dont l’opération Mur de Fer a été menée donne à penser qu’elle visait à expulser le plus grand nombre possible de Palestiniens et à faire place à davantage de colonies israéliennes illégales, en violation (…) du droit international», a commenté le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, cité dans le communiqué.