Conflit au Moyen-Orient

Cessez-le-feu: Israël lève les restrictions sur les lieux saints de Jérusalem

L’accès avait été totalement interdit, ou limité à quelques dizaines de fidèles à la fois, sur les sites chrétiens, juifs et musulmans pendant le conflit.

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Un juif ultra-orthodoxe prie au mur des Lamentations, lieu sacré où les juifs peuvent de nouveau prier, après la levée des restrictions à la suite du cessez-le-feu conclu entre l'Iran, Israël et les États-Unis, dans la vieille ville de Jérusalem, le ... Un juif ultra-orthodoxe prie au mur des Lamentations, lieu sacré où les juifs peuvent de nouveau prier, après la levée des restrictions à la suite du cessez-le-feu conclu entre l'Iran, Israël et les États-Unis, dans la vieille ville de Jérusalem, le jeudi 9 avril 2026. (Mahmoud Illean/The Associated Press)

Les fidèles ont pu prier à nouveau jeudi sur les lieux saints de Jérusalem après qu’Israël eut levé les restrictions qu’il avait imposées aux grands rassemblements publics depuis le début du conflit avec l’Iran, il y a près de six semaines.

La police de Jérusalem a annoncé mercredi qu’elle lèverait les restrictions sur tous les lieux saints et déploierait des centaines d’agents et de bénévoles dans la ville.

L’accès avait été totalement interdit, ou limité à quelques dizaines de fidèles à la fois, sur les sites chrétiens, juifs et musulmans pendant le conflit, désormais suspendu, alors que les attaques de missiles iraniens contraignaient souvent les habitants de Jérusalem à se réfugier dans des abris.

Ces restrictions ont assombri les célébrations du carême, de la Pâque et du ramadan pour de nombreuses personnes dans certains des lieux les plus sacrés pour les adeptes du christianisme, de l’islam et du judaïsme.

Le complexe de la mosquée Al-Aqsa, fermé pendant une grande partie du mois sacré du ramadan et de la fête de l’Aïd al-Fitr, a rouvert ses portes jeudi avec la prière de l’aube, selon le Waqf islamique de Jérusalem, l’autorité religieuse jordanienne qui administre le complexe. Au mur des Lamentations, dans la vieille ville — le lieu le plus sacré au monde où les juifs peuvent prier —, des dizaines d’hommes et de femmes ont été vus inclinant la tête en prière.

La levée des restrictions arrive juste à temps pour les chrétiens orthodoxes, qui célèbrent Pâques dimanche, une semaine après les célébrations catholiques et protestantes et avant la cérémonie séculaire connue sous le nom de «Feu sacré» qui y est associée.

Samedi, des milliers de chrétiens se rassembleront dans la vaste église du Saint-Sépulcre, tenant des bougies éteintes, alors qu’ils se presseront dans cette immense basilique du XIIe siècle construite sur le site où, selon la tradition, Jésus a été crucifié et enterré. Le patriarche grec allumera des bougies, puis la flamme sera transmise d’une bougie à l’autre.

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Ces restrictions ont suscité une vive réaction le mois dernier lorsque la police israélienne a empêché les dirigeants catholiques d’entrer dans l’église du Saint-Sépulcre pour célébrer une messe privée lors de la fête chrétienne du dimanche des Rameaux, pour la première fois depuis des siècles. Cela a déclenché une vague de critiques de la part des États-Unis et d’autres pays.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a soutenu qu’il n’y avait aucune «intention malveillante» et que le cardinal Pierbattista Pizzaballa s’était vu refuser l’accès à l’église pour des raisons de sécurité. Il a finalement été autorisé à y entrer le dimanche de Pâques.

Jeudi, les fidèles se sont réjouis en entrant dans la mosquée Al-Aqsa pour la première fois depuis des semaines.

«C’est comme si les êtres humains renaissaient», a raconté Mohammed Al-Qassas. «Ne pas pouvoir prier pendant cette période, c’est comme «avoir faim tout le temps», a-t-il ajouté.

«C’est impossible de décrire ce sentiment (…) C’était l’un des moments les plus heureux de ma vie», a déclaré Biljana Vaslic, une touriste serbe qui, jusqu’à présent, n’avait pas pu entrer dans la mosquée.

D’autres ont toutefois accusé Israël d’utiliser le conflit comme prétexte pour restreindre l’accès. «C’est une grâce de Dieu après 40 jours où la guerre a servi de prétexte, mais Dieu a accordé la persévérance à cette mosquée», a souligné Omar al-Kiswani, directeur de la mosquée.

Même avant le conflit, l’accès à Al-Aqsa faisait déjà l’objet de restrictions renforcées.

Lors des prières du vendredi du ramadan, début février, Israël a limité à 10 000 le nombre de Palestiniens autorisés à entrer depuis la Cisjordanie, et n’a admis que les hommes de plus de 55 ans, les femmes de plus de 50 ans ainsi que les enfants jusqu’à 12 ans. L’État hébreu a imposé des restrictions similaires par le passé, invoquant des raisons de sécurité.