Conflit au Moyen-Orient

Blocus américain: des pétroliers iraniens sont sortis du Golfe par le détroit d’Ormuz

Le Deep Sea, le Sonia I et le Diona, tous trois sanctionnés par les États-Unis, ont franchi ce passage stratégique mercredi.

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L’armée iranienne menace de bloquer la mer Rouge si le blocus américain se poursuit L’Iran a menacé mercredi de bloquer le trafic maritime en mer Rouge si les États-Unis continuaient à exercer un blocus sur les ports iraniens, estimant que ce dernier pourrait mener à une violation du cessez-le-feu.

Trois pétroliers iraniens sont sortis mercredi du Golfe par le détroit d’Ormuz avec cinq millions de barils de pétrole brut, les premiers depuis le blocus imposé par les États-Unis aux ports iraniens, a indiqué vendredi la société de données maritimes Kpler à l’AFP.

Selon les données de Kpler, le Deep Sea, le Sonia I et le Diona, tous trois sanctionnés par les États-Unis, ont franchi ce passage stratégique mercredi, tous en provenance de l’île de Kharg, qui abrite le plus grand terminal pétrolier de l’Iran, par lequel transitent environ 90% de ses exportations de brut, selon une note de la banque américaine JP Morgan.

Les navires-citernes ont respectivement embarqué leurs cargaisons le 2, le 8 et le 9 avril. Le Deep Sea et le Diona transportent chacun deux millions de barils, tandis que le Sonia I en transporte un million, selon Kpler.

Washington impose depuis lundi un blocus des ports iraniens, censé empêcher Téhéran d’exporter son pétrole, alors que ces exportations n’avaient pas été affectées depuis le début du conflit le 28 février.

Aucun pétrolier iranien n’était sorti du Golfe par le détroit d’Ormuz avec une cargaison de pétrole brut depuis le Starla le 10 avril.

Les sites de suivi des données maritimes ne fournissent pas de données récentes sur les signaux AIS de ces trois pétroliers, leurs transpondeurs étant éteints. Ils ont tous les trois émis pour la dernière fois il y environ un mois dans le détroit de Malacca, selon le site MarineTraffic.

Mais Kpler a indiqué à l’AFP avoir pu confirmer «par images satellite» que les trois pétroliers avaient bien franchi le détroit dans le sens de la sortie le mercredi 15 avril.

Leur destination n’est pas connue, mais ces bateaux acheminent systématiquement, depuis plusieurs années, leurs cargaisons jusqu’à la zone de Singapour, où ils la transfèrent en haute mer en «ship to ship» (de navire à navire) à d’autres pétroliers à destination de la Chine, selon les données de Global Fishing Watch et de Kpler.

Les trois bateaux avaient d’ailleurs déjà transféré des cargaisons de brut iranien en mars près de Singapour.

La précédente cargaison du Deep Sea avait été livrée le 30 mars par le Utopia Quest au port de Yantai (province chinoise de Shandong, nord). Celle du Diona par le Indigo Ray le 10 avril au terminal pétrolier du port de Dongjiakou (Shandong également). Et celle du Sonia I avait été transférée sur le Adeline G, dont la destination est inconnue.

Depuis le 1er mars, les cargaisons d’au moins 37 pétroliers liés à l’Iran ont été transférées en mer dans la zone, soit au moins 62,3 millions de barils de brut, selon des données maritimes de la société Kpler analysées par l’AFP. Les destinations finales de ces cargaisons, lorsqu’elles sont connues, sont toujours des ports des provinces chinoises de Shandong, Liaoning et Jiangsu (nord).