Conflit au Moyen-Orient

Blocage du détroit d’Ormuz: des perturbations «jamais vues», selon le patron de Shell

«Il faudrait près d’un an, voire plus, pour retrouver un point d’équilibre.»

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Des personnes se rassemblent sur des planches de paddle dans les eaux peu profondes, tandis que des navires de transport et de service sont à l'ancrage dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le lundi 1er juin 2026. ISNA via AP Des personnes se rassemblent sur des planches de paddle dans les eaux peu profondes, tandis que des navires de transport et de service sont à l'ancrage dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le lundi 1er juin 2026. ISNA via AP (Amirhosein Khorgooi)

Le blocage du détroit d’Ormuz depuis le début du conflit au Moyen-Orient est à l’origine de perturbations «jamais vues auparavant» du système énergétique mondial, a déclaré mercredi le directeur général de Shell, Wael Sawan, qui estime que le retour à l’équilibre devrait prendre plus d’un an.

«Nous en sommes désormais à 100 jours (de blocage) avec plus de 10% de la production mondiale de pétrole retirée du marché (…) et environ 20% de la production de GNL à l’arrêt», a détaillé M. Sawan lors d’un sommet de hauts dirigeants d’entreprises organisé à Londres par le Wall Street Journal.

«Les conséquences ont été particulièrement aigües en Asie» où «nous avons vu des pays comme le Vietnam, l’Indonésie, la Thaïlande recourir massivement au rationnement des carburants, l’Inde également», a poursuivi le patron du géant britannique. «Nous avons vu le Pakistan et les Philippines passer à des semaines de quatre jours.»

Téhéran orchestre depuis le début du conflit avec les États-Unis et Israël la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz par lequel transitait en temps normal près de 20 millions de barils par jour.

Mais même en cas de fin des combats, la stabilisation du système énergétique mondial prendra du temps, prévient M. Sawan: «Il faudrait selon nous près d’un an, voire plus, pour retrouver un point d’équilibre».

«Pire crise énergétique de l’histoire»: l’essence bientôt à 3$ le litre? Les impacts du conflit en Iran sur le secteur pétrolier continuent à se faire ressentir. Et plus la situation perdure, plus on pourrait se rapprocher d’un point de rupture, prévient un expert.

L’Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d’Ormuz, dans un nouvel embrasement régional après la destruction d’un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

Ce nouveau revers pour les négociations entre les deux pays intervient alors que Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d’un «très, très bon accord» pour mettre fin aux hostilités.

Shell a publié en mai un bénéfice net en forte augmentation au premier trimestre, porté par des prix du pétrole au plus haut avec le conflit au Moyen-Orient, mais a prévenu que le conflit plombait sa production de gaz.

Le site de Ras Laffan, dans le nord du Qatar, plus grand pôle de liquéfaction de gaz au monde, a notamment souffert de dommages importants.

«Nous sommes à plein régime pour le réparer. Nous avons déjà dégagé tous les débris. Nous avons déjà commandé les équipements à long délai de livraison. Nous espérons donc pouvoir remettre l’installation en service vers la fin du premier trimestre de l’année prochaine», a assuré M. Sawan.