Conflit au Moyen-Orient

Autoriser l’Iran à contrôler le détroit d’Ormuz créerait un «dangereux précédent»

« L’Iran revendique le droit, dont il ne dispose en vertu d’aucun mécanisme juridique existant, de contrôler le trafic transitant par le détroit d’Ormuz.»

Publié le 

Le secrétaire d'État Marco Rubio s'exprime lors d'une conférence de presse en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) à Pasay, dans la région métropolitaine de Manille, aux Philippines, le mercredi 22 juillet 2026. Le secrétaire d'État Marco Rubio s'exprime lors d'une conférence de presse en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) à Pasay, dans la région métropolitaine de Manille, aux Philippines, le mercredi 22 juillet 2026. (Brendan Smialowski/Brendan Smialowski/Pool AFP via)

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé mercredi qu’autoriser l’Iran à contrôler le détroit d’Ormuz créerait un «dangereux précédent» avec des conséquences au-delà même du Moyen-Orient, où Téhéran et Washington ont repris leurs hostilités.

«Si nous créons un précédent au Moyen-Orient où un État-nation peut décider de contrôler une voie navigable internationale, faire payer un péage et faire exploser des bateaux si l’on ne paie pas, nous créerons un très dangereux précédent qui se répétera dans d’autres parties du monde, y compris dans cette région», a déclaré Marco Rubio lors d’une réunion avec l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) à Manille, aux Philippines.

«Au fond, c’est très simple. L’Iran revendique le droit, dont il ne dispose en vertu d’aucun mécanisme juridique existant, de contrôler le trafic transitant par le détroit d’Ormuz», a-t-il relevé.

Or, «il existe un principe fondamental en matière de liberté de navigation, et celui-ci est menacé. Je pense que l’économie mondiale est menacée, tout comme les règles qui ont régi le commerce international depuis 150 ans, et nous ne pouvons pas laisser cela se produire», a-t-il ajouté.

Téhéran verrouille de nouveau le détroit d’Ormuz et Washington a repris son blocus des ports iraniens depuis la relance il y a deux semaines des affrontements, qui menacent de s’étendre à la mer Rouge et d’affecter encore davantage l’économie mondiale.

Les propos de M. Rubio interviennent alors que la région Asie-Pacifique est elle-même confrontée aux agissements de la Chine en mer de Chine méridionale, autre voie maritime cruciale pour le commerce mondial.

«Les États-Unis restent ouverts et disposés à mener des négociations et des discussions positives et constructives, à condition que les engagements pris soient respectés», a dit M. Rubio, déplorant que les autorités iraniennes «ne prennent pas les négociations au sérieux».

«S’ils sont sérieux, nous le serons aussi. S’ils ne le sont pas, alors nous ferons le nécessaire pour protéger nos intérêts ainsi que ceux de nos alliés», a poursuivi le chef de la diplomatie américaine.

M. Rubio participe à une réunion de ses homologues de l’ASEAN et doit prendre part en marge à plusieurs rendez-vous, notamment avec les autres pays du Quad (Inde, Japon, Australie) et, plus tard mercredi, avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.