Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l’aide de la Grèce «autant que possible» pour l’application de l’accord-cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l’égide des États-Unis.
«Cet accord doit être mis en œuvre dans son intégralité et non de manière sélective», a souligné le président Aoun lors de sa rencontre avec le président de la République hellénique, Konstantinos Tassoulas, à Athènes.
«Nous demandons autant que possible l’assistance de la Grèce pour aider le Liban à le mettre en œuvre», a-t-il ajouté.
Plus tard lors d’un point-presse avec le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, il a également insisté sur l’importance de «l’aide de la Grèce dans toutes les instances internationales», y compris «aux Nations unies où nous discutons de la poursuite du rôle onusien dans le sud du Liban en appui à l’État libanais dans son plan de sauvetage», après la fin du mandat de la Finul en fin d’année.
«J’aspire au maintien de votre soutien à l’armée libanaise et nos forces armées officielles auxquelles nous avons confié la mission de sauver le Liban de ses deux crises chroniques et interdépendantes : la présence d’une occupation sur notre sol et la présence d’armes en dehors de l’autorité de notre État», a-t-il encore indiqué.
L’accord conclu le 26 juin entre Israël et le Liban, sous l’égide des États-Unis, prévoit que l’armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des «zones pilotes» dont se retirerait l’armée israélienne.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional en menant des frappes sur Israël en soutien à Téhéran, le 2 mars, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre, qui ont fait plus de 4300 morts, selon les autorités libanaises.
Le président Aoun a particulièrement insisté sur «le retrait total de l’occupation (israélienne) et le contrôle complet de notre territoire par nos seules forces armées».
Pour sa part, Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce soutenait «sans aucune réserve la souveraineté, l’indépendance, mais aussi l’unité du Liban».
«La Grèce, en tant qu’ami traditionnel à la fois du Liban et du monde arabe, et en même temps partenaire stratégique d’Israël, est prête à soutenir tout effort de désescalade et de compréhension mutuelle», a-t-il insisté, rappelant que son pays avait envoyé de l’aide militaire et humanitaire au Liban.
La Grèce entretient historiquement de bonnes relations avec les pays arabes, en développant parallèlement ces dernières années une coopération étroite avec l’Israël en matière de sécurité et de défense.
Lundi, Athènes s’est félicité d’avoir signé un accord majeur avec Israël pour l’achat d’un système de défense antiaérienne d’environ trois milliards d’euros.
