Conflit au Moyen-Orient

Accord avec l’Iran imminent, selon Trump, qui appelle à ne pas se précipiter

«Les négociations progressent de manière ordonnée et constructive, et j’ai demandé à mes représentants de ne pas précipiter les choses, car le temps joue en notre faveur.»

Mis à jour le 

Publié le 

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio prend la parole lors d’une réunion conjointe avec le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, à la suite de leurs entretiens à New Delhi, en Inde, le dimanche 24 mai 2026. Photo pool AP/Julia... Le secrétaire d’État américain Marco Rubio prend la parole lors d’une réunion conjointe avec le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, à la suite de leurs entretiens à New Delhi, en Inde, le dimanche 24 mai 2026. Photo pool AP (Julia Demaree Nikhinson)

Les États-Unis sont sur le point de conclure un accord avec l’Iran qui mettrait fin à la guerre, rouvrirait le détroit d’Ormuz et conduirait l’Iran à renoncer à son stock d’uranium hautement enrichi, ont déclaré dimanche des responsables régionaux à l’Associated Press. Ils ont précisé que les détails et le calendrier seraient définis ultérieurement.

L’Iran ne s’est pas encore engagé publiquement à renoncer à son uranium – une exigence clé du président américain Donald Trump – et les deux parties semblaient proches d’un accord ces dernières semaines. Samedi, M. Trump a déclaré qu’un accord avait été «largement négocié», après des entretiens avec Israël et d’autres alliés régionaux.

«Les négociations progressent de manière ordonnée et constructive, et j’ai demandé à mes représentants de ne pas précipiter les choses, car le temps joue en notre faveur», a soutenu le président Trump sur les réseaux sociaux, dimanche.

Il a ajouté que les relations entre les États-Unis et l’Iran devenaient «beaucoup plus professionnelles et productives».

La réouverture du détroit contribuerait à atténuer la crise énergétique mondiale déclenchée par le bombardement surprise de l’Iran par les États-Unis et Israël le 28 février, qui a contraint Téhéran à fermer de facto cette voie maritime cruciale. Les prix du pétrole, du gaz et de plusieurs produits dérivés ont flambé, ébranlant l’économie mondiale. Les experts estiment qu’il faudra plusieurs semaines, voire des mois, pour que le trafic maritime et les prix retrouvent leurs niveaux d’avant-guerre.

Les États-Unis bloquent les ports iraniens depuis plus d’un mois, et dimanche, Donald Trump a déclaré que le blocus «restera pleinement en vigueur jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé».

L’abandon de l’uranium

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en visite en Inde, a déclaré que des «progrès importants, bien que non définitifs, ont été réalisés» dans les négociations, et que le monde «n’aurait plus à craindre que l’Iran ne se dote de l’arme nucléaire», sans donner plus de précisions.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré à la télévision d’État que son pays était prêt «à assurer au monde que nous ne cherchons pas à nous doter de l’arme nucléaire». L’ambassade d’Iran en Inde a réagi aux propos de M. Rubio sur les réseaux sociaux, affirmant que Téhéran possède un droit «inaliénable» à la technologie nucléaire.

L’Iran a toujours insisté sur le caractère pacifique de son programme nucléaire, tout en enrichissant l’uranium à des niveaux proches de ceux nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires.

Selon deux responsables régionaux, l’accord potentiel inclura l’engagement de l’Iran à ne pas se doter de l’arme nucléaire, et Téhéran a accepté de renoncer à son stock d’uranium hautement enrichi.

Un responsable, au courant des négociations, a indiqué que la manière dont l’Iran se débarrassera de son uranium hautement enrichi fera l’objet de négociations supplémentaires au cours d’une période de 60 jours.

Il est très probable qu’une partie de cette quantité soit diluée, tandis que le reste sera transféré vers un pays tiers. La Russie s’est proposée pour l’accueillir.

L’Iran dispose de 440,9 kg d’uranium enrichi à 60 %, ce qui, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), s’approchant du niveau de 90 % requis pour la fabrication d’armes nucléaires.

Le président Trump a exigé de l’Iran des concessions plus importantes que celles prévues par l’accord de 2015 conclu sous l’administration Obama, dont les États-Unis se sont ensuite retirés sous sa présidence.

Samedi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré à l’agence de presse officielle que les divergences entre les positions iranienne et américaine s’atténuent, mais que l’Iran reste prudent après avoir été attaqué à deux reprises au cours de l’année écoulée, pendant les négociations sur le nucléaire.

Le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, médiateur clé, a quitté Téhéran samedi soir après de nouvelles discussions avec des responsables iraniens.

Le détroit rouvrirait et l’Iran pourrait vendre son pétrole

Selon les responsables, l’accord en cours d’élaboration prévoit la réouverture progressive du détroit d’Ormuz, parallèlement à la levée du blocus américain.

Les États-Unis autoriseront également l’Iran à vendre son pétrole grâce à des dérogations aux sanctions, a déclaré un autre responsable informé des négociations. L’allègement des sanctions et le déblocage des fonds gelés de l’Iran feront l’objet de négociations au cours de cette période de 60 jours, a-t-il précisé.

Les deux responsables ont indiqué que le projet d’accord prévoit la fin de la guerre entre Israël et le Hezbollah, ainsi qu’un engagement à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des pays de la région.

Douze semaines se sont écoulées depuis que les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran le 28 février, tuant de hauts responsables iraniens, dont son guide suprême. Un cessez-le-feu avec l’Iran est en vigueur depuis le 7 avril, malgré des échanges de tirs sporadiques.

Plusieurs pays, dont l’Union européenne et le Royaume-Uni, ont salué les progrès réalisés en vue d’un éventuel accord avec l’Iran.

Israël s’inquiète du Hezbollah

Le premier ministre Benyamin Nétanyahou a déclaré dimanche sur les réseaux sociaux: «Le président Trump et moi-même avons convenu que tout accord définitif avec l’Iran doit éliminer le danger nucléaire». Il a ajouté que M. Trump avait réaffirmé le droit d’Israël à se défendre «sur tous les fronts, y compris au Liban».

La ministre israélienne des Sciences et de la Technologie, Gila Gamliel, membre du cabinet de sécurité nationale, a déclaré dimanche matin à la radio de l’armée israélienne qu’Israël adoptait une approche «attentiste».

Les responsables israéliens s’inquiètent du fait que le Hezbollah, le groupe militant libanais allié à l’Iran, reste une menace sérieuse pour Israël et que le Liban soit mal équipé pour le désarmer.

Un cessez-le-feu fragile, négocié par les États-Unis, est en vigueur depuis le 17 avril dans la guerre entre Israël et le Hezbollah au Liban, un conflit qui a débuté deux jours après le début de la guerre avec l’Iran.

Malgré le cessez-le-feu, les tirs se poursuivent de part et d’autre. Le Hezbollah lance quotidiennement des drones et des projectiles en direction des soldats israéliens et du nord d’Israël, tandis qu’Israël frappe des cibles au Liban alors que ses troupes restent déployées dans de vastes zones du sud du Liban.

Plus de 3000 personnes ont été tuées lors de cette dernière vague de combats, selon le ministère libanais de la Santé. En outre, 22 soldats israéliens et un sous-traitant du secteur de la défense ont été tués dans le sud du Liban ou à proximité, et deux civils ont été tués dans le nord d’Israël, principalement par des drones du Hezbollah, selon le bureau de Nétanyahou.

Melanie Lidman

Journaliste

Samy Magdy

Samy Magdy

Journaliste