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Zelensky exhorte Poutine à engager des négociations directes dans un pays neutre

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'adresse aux journalistes lors d'une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, à Kiev, en Ukraine, le mercredi 3 juin 2026. (Photo AP/Evgeniy Maloletka) Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'adresse aux journalistes lors d'une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, à Kiev, en Ukraine, le mercredi 3 juin 2026. (Photo AP/Evgeniy Maloletka) (Evgeniy Maloletka)

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a appelé jeudi à des négociations en face-à-face dans une lettre publique adressée directement au président russe Vladimir Poutine.

Cette lettre, la première lettre publique que Volodymyr Zelensky adresse directement à Vladimir Poutine depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle en 2022, constitue une critique cinglante des 26 années passées au pouvoir par le dirigeant russe.

M. Zelensky a reconnu l’évolution des priorités américaines, affirmant qu’il serait erroné de se contenter d’attendre que l’administration Trump reporte son attention sur la fin de la guerre en Ukraine alors qu’elle reste fortement concentrée sur la guerre en Iran.

«Je propose une rencontre», a écrit M. Zelensky.

Volodymyr Zelensky semblait vouloir saisir un moment charnière de la guerre, alors que l’Ukraine a commencé à regagner une certaine marge de manœuvre sur le champ de bataille, en grande partie grâce à l’amélioration de ses capacités de frappe à longue portée qui ont compliqué l’avancée de la Russie.

Dans le même temps, Moscou a intensifié sa campagne aérienne meurtrière à travers l’Ukraine, cherchant à exploiter les pénuries de Kiev et sa vulnérabilité persistante aux attaques de missiles balistiques.

Il a déclaré que les pourparlers pourraient être organisés par un pays tiers neutre, excluant à la fois Moscou et Kiev comme lieux de rencontre, et a suggéré la Suisse, la Turquie ou des États arabes comme hôtes potentiels pour les négociations.

«Ce sont les dirigeants qui résolvent les questions clés. Cela a toujours été le cas, et cela le sera toujours, a-t-il écrit. Je propose de fixer une date précise pour une telle réunion.»

Il a dit que les services de renseignement ukrainiens indiquaient que la Russie envisageait de prolonger la guerre jusqu’en 2027 et 2028, tout en s’appuyant de plus en plus sur des frappes de missiles balistiques pour atteindre ce que sa campagne terrestre n’avait pas réussi à accomplir.

Volodymyr Zelensky a également accusé Moscou de chercher à entraîner davantage la Biélorussie dans le conflit et de tenter de déstabiliser la situation autour de la Transnistrie, la région moldave séparatiste soutenue par la Russie.

Le dirigeant ukrainien a fait valoir que la Russie ressentait de plus en plus le coût de la guerre, soulignant les attaques de drones en profondeur sur le territoire russe, les tensions économiques, les pénuries de carburant, la hausse des prix et la nécessité d’une mobilisation militaire accrue.

M. Zelensky a affirmé que la Russie avait perdu plus de 30 000 soldats tués ou gravement blessés rien qu’au mois de mai, déclarant que l’Ukraine disposait de «confirmations vidéo» de ces pertes sur le champ de bataille et que de tels niveaux de pertes avaient été enregistrés mois après mois.

Il a ajouté que l’Ukraine continuait également à subir de lourdes pertes malgré ce qu’il a qualifié de ratio de pertes favorable.

Il a assuré que l’Ukraine était prête à mettre en œuvre un cessez-le-feu total pendant la durée des négociations et a proposé un échange de prisonniers «tous contre tous» comme première étape vers la fin du conflit.

M. Zelensky a également appelé au retour des civils et des enfants emmenés hors d’Ukraine pendant la guerre.

«Le monde ne s’est pas lassé de l’Ukraine, comme vous l’espériez depuis longtemps. Mais la lassitude vis-à-vis de la Russie ne cesse de croître», a commenté M. Zelensky.