Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré jeudi qu’il se montrait «très insistant» pour exhorter les États-Unis à fournir à son pays davantage de missiles Patriot, capables de contrer les attaques dévastatrices de missiles balistiques russes.
M. Zelensky a indiqué ne pas avoir encore reçu de réponse à la lettre qu’il a envoyée en début de semaine au président américain Donald Trump et au Congrès pour demander davantage de munitions de fabrication américaine. Il a averti que les livraisons à l’Ukraine étaient dangereusement insuffisantes, le conflit en Iran détournant et épuisant les stocks américains.
«[Les États-Unis] doivent agir plus rapidement. Nous faisons preuve d’une grande persévérance», a déclaré M. Zelensky aux journalistes lors d’une visite en Suède.
Le dirigeant ukrainien tient à obtenir davantage de livraisons d’armement étranger qu’il ne peut produire lui-même alors qu’il lutte contre l’invasion russe, qui a commencé le 24 février 2022. En échange, il propose de partager l’expertise de pointe en matière de drones que l’Ukraine a acquise pendant la guerre.
La Russie utilise ses missiles balistiques à longue portée pour endommager le réseau électrique ukrainien et s’attaquer aux villes.
La capitale ukrainienne se prépare à de nouveaux bombardements intensifs. Mais aucun diplomate étranger n’aurait suivi la recommandation de Moscou de quitter Kyiv avant les «frappes systémiques» imminentes sur Kyiv annoncées par le ministère russe des Affaires étrangères.
Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a indiqué jeudi que toutes les missions diplomatiques présentes dans la capitale poursuivaient leurs activités.
Des avions de combat suédois
L’Ukraine prévoit d’acheter 20 avions de combat Gripen de pointe à la Suède pour 2,5 milliards d’euros (4 milliards $ CAN) et Stockholm fera également don de 16 modèles Gripen plus anciens une fois l’achat finalisé, a annoncé M. Zelensky lors de son voyage en Suède.
Le financement de ces avions proviendra d’un prêt de 90 milliards d’euros (145 milliards $ CAN) accordé à l’Ukraine et récemment approuvé par l’Union européenne, a précisé M. Zelensky.
Ces avions de combat seront particulièrement utiles pour intercepter les avions russes qui lancent de puissantes bombes planantes sur l’Ukraine, a-t-il avancé dans un hangar, debout devant des avions Gripen aux côtés du premier ministre suédois, Ulf Kristersson.
L’Ukraine recevra les anciens modèles au début de l’année prochaine et les nouveaux modèles à partir de 2030, a indiqué M. Kristersson. Les avions seront équipés d’armement, et la Suède assurera la maintenance et la formation, a-t-il ajouté.
L’Ukraine souhaite à terme disposer de 150 avions Gripen.
La Suède espère très fortement tirer les leçons de l’expérience de l’Ukraine en matière de guerre des drones, a déclaré M. Kristersson.
Les drones freinent l’avancée russe
M. Zelensky a souligné que des spécialistes ukrainiens ont aidé des pays du Moyen-Orient — en particulier de la région du Golfe arabe — à renforcer leurs défenses aériennes pendant le conflit avec l’Iran. Ils ont également apporté leur aide à des bases militaires américaines au Moyen-Orient, a-t-il ajouté.
L’Ukraine a également conclu des accords de production conjointe de drones avec des pays de l’Union européenne, qui craignent que le président russe Vladimir Poutine ait des ambitions militaires au-delà de l’Ukraine.
Les drones ukrainiens qui patrouillent la ligne de front de 1250 kilomètres et frappent plus loin sur les voies d’approvisionnement ont repoussé l’armée russe, pourtant plus importante.
«Les campagnes de frappes réussies menées par l’Ukraine à l’aide de drones à moyenne portée et en première ligne limitent la capacité de la Russie à transporter du personnel vers le front et à approvisionner et maintenir ses positions de première ligne», a expliqué mercredi soir l’Institute for the Study of War, un groupe de réflexion basé à Washington, dans une évaluation.
La Russie a occupé environ 20 % du territoire ukrainien à ce jour. Cela inclut la péninsule de Crimée, dont la Russie s’est emparée en 2014. Le coût de la conquête de ce territoire a été énorme, le directeur de l’agence de renseignement britannique GCHQ a déclaré mercredi que près de 500 000 soldats russes avaient été tués dans le conflit.
