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Washington veut discuter avec Moscou de l’armement nucléaire, mais pas sans la Chine

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ARCHIVES - Le président américain Donald Trump salue le président russe Vladimir Poutine, le 15 août 2025, à la base militaire conjointe Elmendorf-Richardson, en Alaska. (Photo ASSOCIATED PRESS/Julia Demaree Nikhinson, archives) ARCHIVES - Le président américain Donald Trump salue le président russe Vladimir Poutine, le 15 août 2025, à la base militaire conjointe Elmendorf-Richardson, en Alaska. (Photo ASSOCIATED PRESS) (Julia Demaree Nikhinson)

Les négociateurs russes et américains ont discuté de l’expiration du dernier traité sur les armes nucléaires entre les deux pays et ont convenu de la nécessité d’entamer rapidement de nouvelles négociations sur le contrôle des armements, a déclaré vendredi le Kremlin.

Parallèlement, les États-Unis ont souligné la nécessité pour la Chine de se joindre à un futur traité sur les armes et ont accusé Pékin de mener des essais nucléaires secrets.

Le traité New START a expiré jeudi, laissant pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle les deux plus grands arsenaux atomiques sans limite et alimentant les craintes d’une course aux armements nucléaires sans contrainte.

Le président russe Vladimir Poutine s’était dit prêt à respecter les limites du traité pendant une année supplémentaire si Washington faisait de même. Mais le président américain Donald Trump a fait valoir qu’il souhaitait que la Chine participe à un nouveau traité, et son administration a intensifié la pression en accusant Pékin de mener des essais nucléaires. Pékin a rejeté ces allégations et a repoussé les efforts visant à le faire adhérer à un accord de non-prolifération.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a réaffirmé que la Chine devait être impliquée dans un éventuel nouveau traité nucléaire. «Un accord de contrôle des armements qui ne tient pas compte du renforcement militaire de la Chine, soutenu par la Russie, rendra sans aucun doute les États-Unis et leurs alliés moins sûrs», a-t-il déclaré.

Les négociateurs russes et américains ont discuté du contrôle futur des armes nucléaires aux Émirats arabes unis, où les délégations russe, ukrainienne et américaine ont tenu deux jours de pourparlers sur un accord de paix en Ukraine, a déclaré vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

«Il existe un accord, dont ils ont discuté à Abu Dhabi, selon lequel les deux parties adopteront des positions responsables et reconnaissent la nécessité d’entamer des pourparlers sur la question dès que possible», a-t-il affirmé.

Invité à commenter un article d’Axios affirmant que les négociateurs russes et américains avaient discuté d’un éventuel accord informel visant à respecter les limites du pacte pendant au moins six mois, M. Peskov a répondu qu’une telle prolongation ne pouvait être que formelle.

«Il est difficile d’imaginer une prolongation informelle dans ce domaine», a-t-il soutenu.

«La fin d’une époque»

Au cours de son premier mandat, Donald Trump a tenté sans succès de promouvoir un pacte nucléaire tripartite impliquant la Chine. Pékin s’est opposé à toute restriction de son arsenal nucléaire — plus modeste, mais en pleine expansion — tout en exhortant les États-Unis à reprendre les négociations nucléaires avec la Russie.

M. Rubio a déclaré que les États-Unis «exploraient toutes les pistes» pour répondre au «désir de Donald Trump d’un monde avec moins de ces armes terribles», mais a insisté sur le fait que Washington ne resterait pas les bras croisés pendant que la Russie et la Chine développaient leurs forces nucléaires.

Thomas DiNanno, haut diplomate américain responsable du contrôle des armements, a déclaré vendredi que l’expiration du dernier traité sur les armes nucléaires entre la Russie et les États-Unis marquait «la fin d’une époque» qu’il a qualifiée de «retenue unilatérale des États-Unis». Il a ajouté que Donald Trump souhaitait un «meilleur accord» impliquant Pékin.

«À l’heure actuelle, l’arsenal nucléaire chinois n’est soumis à aucune limite, aucune transparence, aucune déclaration et aucun contrôle», a soutenu M. DiNanno à la Conférence sur le désarmement, une organisation soutenue par l’ONU, à Genève.

M. DiNanno a également accusé Pékin de mener secrètement des essais nucléaires. «Aujourd’hui, je peux révéler que le gouvernement américain est conscient que la Chine a mené des essais d’explosifs nucléaires, y compris en préparant des essais avec des rendements désignés de plusieurs centaines de tonnes», a-t-il déclaré.

L’ambassadeur chinois Shen Jian a rejeté ce qu’il a qualifié de «récits mensongers et d’accusations infondées de la part des États-Unis», affirmant que «nous respectons notre engagement de suspendre les essais nucléaires».

«Le battage médiatique continu des États-Unis autour de l’expansion de l’arsenal nucléaire chinois vise essentiellement à se décharger de sa propre responsabilité en matière de désarmement nucléaire et à trouver des excuses pour promouvoir son hégémonie nucléaire», a déclaré M. Shen.

Il a ajouté qu’«à ce stade, la Chine ne participera pas aux négociations sur le désarmement nucléaire», car ses capacités nucléaires «ne sont pas du même ordre de grandeur que celles des États-Unis ou de la Russie».

Le New START limitait chaque partie à un maximum de 1550 ogives nucléaires sur un maximum de 700 missiles et bombardiers déployés et prêts à l’emploi. Il devait initialement expirer en 2021, mais a été prolongé de cinq ans.

Le pacte prévoyait des inspections approfondies sur place pour vérifier le respect des dispositions, mais celles-ci ont été interrompues en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19 et n’ont jamais repris.

En février 2023, Vladimir Poutine a suspendu la participation de Moscou, affirmant que la Russie ne pouvait pas autoriser les États-Unis à inspecter ses sites nucléaires à un moment où Washington et ses alliés de l’OTAN déclaraient ouvertement vouloir la défaite de Moscou en Ukraine. Mais le Kremlin a également souligné qu’il ne se retirait pas complètement du pacte, s’engageant à respecter ses limites en matière d’armes nucléaires.