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Washington tente une nouvelle poursuite contre l'ancien directeur du FBI, James Comey

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Le logo du département américain de la Justice est visible sur un podium avant une conférence de presse à Washington, le 6 mai 2025. Photo AP/Julia Demaree Nikhinson, archive Le logo du département américain de la Justice est visible sur un podium avant une conférence de presse à Washington, le 6 mai 2025. Photo AP (Julia Demaree Nikhinson)

L’administration Trump tente de poursuivre James Comey pour une potentielle fuite d’informations classifiées remontant à une dizaine d’années, une démarche que les avocats de l’ancien directeur du FBI ont immédiatement rejetée, la jugeant sans fondement et trop tardive par rapport aux délais dont dispose le département de la Justice pour engager des poursuites.

Les allégations du département de la Justice proviennent de documents rendus publics lundi devant un tribunal fédéral de Washington, qui mettent en lumière une bataille qui s’est déroulée à huis clos au cours du dernier mois.

Tout cela alors que les procureurs tentent d’engager ce qui serait la troisième procédure pénale contre M. Comey, critique et adversaire du président Donald Trump depuis que ce dernier est revenu à la Maison-Blanche l’année dernière.

«Les voilà de retour — encore une fois», a dit M. Comey dans une déclaration vidéo publiée après la divulgation des documents.

«Ce serait presque drôle si ce n’était pas un abus aussi effroyable venant du département de la Justice – un abus auquel nous ne pouvons pas rester insensibles. Rien n’a changé pour moi; je suis toujours innocent, je n’ai toujours pas peur de ces gens — et je crois toujours en un pouvoir judiciaire fédéral indépendant.»

Le département de la Justice a pour sa part indiqué avoir déposé une dénonciation afin de prolonger le délai de prescription de dix ans pour engager des poursuites.

«Le dépôt d’une dénonciation pénale visant à suspendre le délai de prescription est une pratique largement reconnue devant les tribunaux fédéraux et a été approuvé par des cours d’appel de plusieurs circuits. Il s’agit d’une enquête pénale en cours, et nous ne ferons pas d’autres commentaires», a indiqué un porte-parole du ministère.

M. Comey était directeur du FBI lorsque M. Trump est entré en fonction en 2017. Il avait été nommé par le président de l’époque, Barack Obama, un démocrate, et avait auparavant occupé un poste de haut fonctionnaire au département de la Justice sous l’administration républicaine du président George W. Bush.

Mais leurs relations ont été tendues dès le départ, notamment après que M. Comey a refusé de se plier à une demande formulée par M. Trump lors d’un dîner privé, qui souhaitait qu’il lui promette sa loyauté personnelle — une demande qui avait tellement déconcerté le directeur du FBI qu’il l’avait consignée dans une note de service rédigée à l’époque.

M. Trump a limogé M. Comey en mai 2017 alors que le FBI menait une enquête sur d’éventuels liens entre la Russie et la campagne républicaine.

Cette enquête, reprise par la suite par le procureur spécial Robert Mueller, a conclu que, bien que la Russie se soit ingérée dans les élections de 2016 et que l’équipe de M. Trump ait accueilli favorablement cette aide, il n’y avait pas suffisamment de preuves pour établir une collaboration criminelle.