Les États-Unis auraient pris part à des attaques contre des bateaux de pêche au large des côtes équatoriennes ayant fait des morts et des disparus entre janvier et mars, bien que Washington nie toute responsabilité, a affirmé mardi l’organisation Human Rights Watch (HRW).
L’organisation de défense des droits humains dénonce par ailleurs des actes de torture et des détentions arbitraires dans le cadre d’une campagne militaire conjointe menée par Washington et Quito contre le crime organisé.
«Entre janvier et mars, les bateaux de pêche La Negra Francisca Duarte II et Don Maca ont été attaqués dans le Pacifique. Un troisième bateau, le Fiorella, a disparu le 20 janvier avec ses huit membres d’équipage», indique l’organisation dans un rapport.
«L’enquête de Human Rights Watch (…) indique qu’il est très probable que les autorités américaines aient participé à ces attaques à un certain degré ou qu’elles en aient eu connaissance», affirment les auteurs du rapport.
S’appuyant sur des témoignages de survivants, ils assurent notamment que les deux premiers navires ont été attaqués par des drones armés avant que les rescapés ne soient arrêtés par «des ressortissants américains armés, vêtus d’uniformes de type militaire portant des écussons du drapeau américain».
Ils auraient ensuite été remis aux garde-côtes salvadoriens.
Le ministère de la Défense ainsi que les garde-côtes américains ont nié toute implication dans ces opérations, selon HRW.
L’armée américaine a lancé il y a près d’un an une campagne de frappes contre des navires accusés de participer au narcotrafic dans les Caraïbes et le Pacifique.
Ces frappes ont fait plus de 200 morts.
L’administration de Donald Trump n’a jamais fourni de preuve solide permettant d’affirmer que les navires visés étaient effectivement impliqués dans des trafics.
Des experts et des responsables de l’ONU ont dénoncé des exécutions extrajudiciaires.
Début octobre, le président colombien avait déjà accusé Washington d’avoir tué un pêcheur au cours d’un bombardement dans les Caraïbes.
La famille de ce pêcheur, Alejandro Carranza, a porté plainte en décembre contre les États-Unis devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH).
Plusieurs pays de la région, dont l’Équateur, ont toutefois apporté leur soutien à Washington dans le cadre de leur campagne contre le narcotrafic.
En mars, Quito a notamment mené, avec le soutien des États-Unis, une opération militaire à la frontière avec la Colombie contre un groupe accusé d’être impliqué dans le trafic de drogue.
Au cours de cette opération, les forces équatoriennes ont arrêté arbitrairement et torturé quatre agriculteurs colombiens, selon HRW, qui affirme s’être entretenu avec deux d’entre eux.
«Le Congrès des États-Unis devrait exiger de l’administration Trump des réponses claires aux nombreuses questions qui entourent sa coopération en matière de sécurité avec l’Équateur», exhorte l’organisation.
