Les États-Unis ont placé vendredi sous sanctions économiques deux Français et les associations qu’ils ont créées, les accusant d’avoir collecté des fonds sous couvert d’opérations humanitaires pour les transférer à un responsable du mouvement islamiste palestinien Hamas.
Selon le service du ministère américain des Finances chargé des sanctions (OFAC), Faouzi Barika, de l’association Baraka, et Amel Oualid, de l’association «Ensemble C Mieux», ont participé pendant plusieurs années à un système ayant permis de collecter plus de deux millions de dollars au profit du Hamas.
Dans un communiqué séparé, le ministère américain de la Justice a annoncé que M. Barika, Mme Oualid et un autre Français du nom de Barika ont été arrêtés par les services français du renseignement intérieur (DGSI). Ni la date, ni d’éventuelles suites judiciaires ne sont mentionnées.
Selon le site internet de l’OFAC, Faouzi Barika est âgé de 35 ans et réside en Gironde (sud-ouest de la France), où son association a été fondée en 2023.
Amel Oualid, 39 ans, a créé «Ensemble C Mieux» dans la Loire (centre-est) en 2024.
«Ils dirigent des prétendues associations caritatives censées collecter des fonds à des fins humanitaires pour venir en aide aux civils de Gaza», écrit l’OFAC dans un communiqué.
«En réalité», affirme le service gouvernemental, les fonds arrivent entre les mains du Hamas via un membre de sa branche armée, Saleem al-Zaq, également sanctionné.
«Au cours d’une période de six ans, de 2020 à 2026, Barika, Oualid et al-Zaq ont collecté plus de deux millions de dollars pour le Hamas, dont 1,5 million collectés après l’attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023», précise l’OFAC.
M. Barika et Mme Oualid, est-il ajouté, “ont envoyé des centaines de milliers de dollars en cryptomonnaies à al-Zaq, et ce dernier a mis en avant les comptes liés aux collectes de fonds de Barika et Oualid sur ses propres réseaux sociaux”.
Baraka se présente comme une “association humanitaire au service des civils à Gaza” sur son site internet.
Pour les personnes et organisations visées, les sanctions américaines entraînent le gel des avoirs éventuellement détenus aux États-Unis. Elles imposent aussi aux entreprises et citoyens américains (par exemple Mastercard) de rompre toute relation financière avec elles, au risque d’être à leur tour frappés par des sanctions.
