Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré qu’il espérait proposer au président américain Donald Trump, au Canada et au Mexique des options concernant le renouvellement de l’accord commercial continental d’ici la fin de l’année.
«J’aimerais beaucoup que, d’ici à la fin de l’année, nous ayons au moins conclu certains accords – un avec le Canada, un avec le Mexique», a affirmé M. Greer lors d’une audience de la commission des finances du Sénat.
«Et puis, certaines de ces questions qui sont vraiment importantes – comme les règles d’origine, je sais que les conditions de travail sont importantes pour beaucoup de gens ici – nécessiteront un peu plus de temps pour faire l’objet de discussions plus approfondies, y compris avec le Congrès, au cours de l’année prochaine.»
Début juillet, M. Greer avait annoncé que les États-Unis ne renouvelleraient pas l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, plus connu sous le nom d’ACEUM.
Cette décision a déclenché des révisions annuelles qui pourraient se poursuivre pendant une dizaine d’années, à l’issue desquelles l’accord expirerait à moins que les trois pays ne s’entendent sur une prolongation.
Le Mexique et le Canada avaient fait savoir qu’ils souhaitaient une prolongation de 16 ans.
L’incertitude quant à l’avenir de l’accord commercial a suscité des inquiétudes au sein des milieux d’affaires des trois pays, alors que les négociations se poursuivent.
M. Trump a qualifié l’accord d’«obsolète» et a déclaré qu’il avait peut-être fait son temps. Mais M. Greer a indiqué lors de l’audition au Sénat que certains aspects de l’accord restaient valables.
Les États-Unis et le Mexique ont entamé des négociations officielles sur l’ACEUM depuis plusieurs mois. Ottawa et Washington n’ont pas encore entamé de discussions similaires.
L’ACEUM a été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Ces négociations, parfois houleuses, ont constitué un test majeur pour Ottawa, mais un accord a finalement été conclu et salué par les trois pays.
Les États-Unis ont commencé à intensifier la pression sur le Canada en prévision des négociations commerciales. Lundi, M. Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 50 % sur toute une série de produits canadiens dans un délai de 30 jours.
M. Greer a expliqué que cette mesure constituait une réponse aux interdictions provinciales visant les alcools américains, au système canadien de gestion de l’offre dans le secteur laitier et aux quotas imposés sur certains véhicules américains.
M. Greer fait également face à un interrogatoire corsé de la part des démocrates concernant la dernière menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 50 % sur toute une série de produits canadiens.
Le sénateur Ron Wyden, de l’Oregon, a fait valoir qu’une analyse menée par son bureau montre que si ces droits de douane entrent en vigueur le mois prochain, le Canada sera soumis à des droits plus élevés que la Chine sur certains produits. Il a demandé pourquoi le Canada était pris pour cible alors que la Chine bénéficiait d’un «traitement de faveur».
M. Greer a répondu qu’il se pencherait sur la question, mais qu’il soupçonnait que les droits de douane du Canada ne seraient supérieurs à ceux de la Chine que pour un petit nombre de produits.
