La diplomatie américaine a accusé lundi le gouvernement communiste de Cuba de mener depuis des décennies des actions de «subversion» contre les États-Unis, dénonçant pêle-mêle une infiltration au sein de l’appareil d’État américain, son influence marxiste et son «internationale anti-américaine.»
Ce nouveau rapport, rendu public au moment où Washington applique une politique de pression maximale contre Cuba à travers un blocus pétrolier, une batterie de sanctions et l’inculpation de l’ancien président Raul Castro, n’apporte pas de révélation majeure.
Le chef de la diplomatie cubaine l’a qualifié de «mensonge».
Bruno Rodriguez a accusé sur X le secrétaire d’État, Marco Rubio, d’origine cubaine, de construire «un prétexte pour maintenir sa guerre économique cruelle et criminelle qui punit chaque famille cubaine» et dénoncé «son ambition d’agresser militairement Cuba, pour laquelle il cherche désespérément le soutien des citoyens américains».
Depuis le renversement en janvier du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, un allié de La Havane, le gouvernement de Donald Trump fait planer la menace d’une intervention directe contre cette île située à environ 150 kilomètres des côtes de Floride.
Cuba a mené une «longue guerre d’usure organisée autour de l’espionnage, de l’infiltration, du sabotage, des réseaux parallèles et d’une infrastructure révolutionnaire conçue pour tourner l’Amérique contre elle-même», estime le département d’État dans son rapport.
Washington affirme que Cuba est parvenue à infiltrer «pendant des décennies, sans être détectée», sa diplomatie et son ministère de la Défense, et ce «au plus haut niveau.»
Les exemples d’agents cubains infiltrés à Washington, déjà connus, sont nombreux, comme celui d’Ana Montes, analyste des services de renseignement militaires américains, en réalité espionne pour Cuba, arrêtée en 2001. La CIA, de son côté, a tenté à de nombreuses reprises d’assassiner des dirigeants cubains.
Le rapport publié lundi accuse également le gouvernement communiste d’avoir «construit un vaste réseau révolutionnaire» sur le sol américain, des Black Panthers hier à la gauche radicale d’aujourd’hui.
Le rapport affirme que Cuba a encore des liens avec «de puissantes associations de gauche, des collectifs anti-ICE», la décriée police de l’immigration, ou encore des «groupes socialistes» — le département d’État reprenant là la même rhétorique du chiffon rouge utilisée par Donald Trump depuis quelques semaines pour dépeindre ses opposants en extrémistes.
Le président Donald Trump affirme que Cuba représente «une menace extraordinaire» pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a plusieurs fois menacé d’en «prendre le contrôle».
Marco Rubio, à la tête de cette campagne, a affirmé en mai que les États-Unis étaient «déterminés» à imposer un changement dans l’île communiste.
