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Confusion autour de la brève fermeture d’un aéroport américain près du Mexique

«L’aviation commerciale n’est pas menacée.»

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Une famille de migrants vénézuéliens arrive à l'aéroport international d'El Paso pour prendre un vol vers leur destination finale à El Paso, au Texas, aux premières heures du vendredi 9 août 2024. Une famille de migrants vénézuéliens arrive à l'aéroport international d'El Paso pour prendre un vol vers leur destination finale à El Paso, au Texas, aux premières heures du vendredi 9 août 2024. (Andres Leighton/AP)

Le gouvernement américain a attribué mercredi à des drones appartenant à des cartels mexicains de la drogue la brève fermeture de l’aéroport d’El Paso, au Texas, sans lever tout à fait la confusion autour de cet incident très inhabituel.

Le Mexique a affirmé n’avoir «aucune information» sur ces drones, et la version de l’administration Trump a été remise en cause par des parlementaires démocrates et des médias.

Ces derniers affirment que ce sont des essais d’armes laser anti-drone qui devaient être menés par l’armée américaine, ainsi que le manque de coordination avec le régulateur de l’aviation civile (FAA), qui a provoqué cette fermeture temporaire.

Les vols à destination ou en provenance de l’aéroport international d’El Paso, à la frontière avec le Mexique, ont été interrompus dans la nuit de mardi à mercredi pour «raisons de sécurité», avant d’être autorisés à nouveau, les autorités jugeant qu’il n’y avait plus de danger.

Le ministre américain des Transports, Sean Duffy, affirme que la FAA et le ministère de la Défense «ont réagi rapidement pour faire face à une incursion de drones appartenant à un cartel», ajoutant que «la menace a été neutralisée.»

Un responsable américain a affirmé à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que des drones appartenant à des cartels mexicains de la drogue avaient pénétré dans l’espace aérien des États-Unis.

Le Pentagone a «pris des mesures pour mettre les drones hors d’usage», a ajouté cette source, sans préciser de quelle manière.

Pentagone responsable?

Mais de hauts élus démocrates de la commission des Transports de la Chambre des représentants ont laissé entendre que le Pentagone pourrait être responsable de la situation.

Ils ont estimé que des termes introduits par le gouvernement dans la législation régissant la politique de défense avait permis à l’armée d’agir «de manière irresponsable dans l’espace aérien public».

Ils ont réclamé une «solution soutenue par les deux partis» pour s’assurer que le Pentagone «ne compromettra pas la sécurité et ne perturbera pas la liberté de voyager».

CNN rapporte que des activités militaires prévues près d’El Paso, censées inclure l’usage de drones chargés de surveiller les opérations des cartels et d’un puissant laser conçu pour neutraliser des drones, avaient suscité l’inquiétude pour le trafic aérien civil et poussé la FAA à suspendre les vols.

De son côté, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a annoncé que son gouvernement avait ouvert une enquête, ajoutant n’avoir «aucune information concernant l’utilisation de drones à la frontière».

Mesure «radicale»

La FAA avait initialement déclaré qu’«aucun pilote (n’était) autorisé à faire voler un aéronef dans les zones concernées par cet avis».

Cette rare restriction de survol de l’espace aérien, qui concernait les vols cargo comme commerciaux, a été levée près de huit heures plus tard.

Les autorités d’El Paso ont laissé entendre qu’elles n’avaient pas été consultées.

«Personne au sein du gouvernement local ni de la base militaire locale n’a reçu de préavis de plus de quelques minutes, pas plus que le maire», a déclaré au Wall Street Journal l’élu local Chris Canales. «Nous n’avons jamais vu quelque chose d’aussi radical.»

L’aéroport d’El Paso, qui a accueilli 3,49 millions de passagers au cours des 11 premiers mois de 2025, est desservi par les principales compagnies aériennes américaines.

Les autorités américaines mènent depuis plusieurs mois des frappes dans les Caraïbes et le Pacifique contre des embarcations maritimes soupçonnées de transporter de la drogue. Au moins 130 personnes ont été tuées et 38 navires détruits depuis septembre dans ces frappes.

En janvier, Donald Trump avait annoncé que les États-Unis allaient aussi mener «des frappes au sol» contre les cartels.