Le nouveau partenariat entre le Canada et l’Union européenne vise à apporter des avantages aux populations des deux continents.
Les deux entités ont clôturé vendredi à Montréal un sommet au cours duquel plusieurs accords ont été conclus, dont beaucoup prendront des mois, voire des années, à finaliser.
Voici un aperçu de certains des avantages potentiels pour différents groupes.
Jeunesse
Le Canada et l’Union européenne s’engagent à actualiser à terme leur «partenariat sur la mobilité des jeunes» dans le but d’offrir à ces derniers davantage d’opportunités de partir à l’étranger.
Cette initiative s’appuierait sur les programmes d’échanges universitaires et les programmes vacances-travail existants que le Canada met en œuvre avec plusieurs pays européens.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué que l’UE souhaitait que le Canada adhère pleinement à Erasmus+, le programme d’échange étudiant de l’UE qui propose des possibilités de formation et d’études dans les pays membres.
Le Canada espère également devenir membre à part entière du programme de partenariat de recherche «Horizon Europe» d’ici 2028, ce qui permettrait de bénéficier de nouveaux financements pour des projets de recherche et d’innovation menés en collaboration avec des partenaires européens.
Les professionnels des technologies
Le premier ministre Mark Carney a mentionné que l’accord avec l’UE permettra aux chercheurs canadiens d’accéder à des supercalculateurs européens capables de réduire les délais de traitement de six mois à une seule journée.
Le Canada et l’UE ont signé un accord sur le commerce numérique qui vise à intégrer certains secteurs dans l’accord commercial régissant les échanges de marchandises depuis une décennie.
Le site web de la Commission européenne définit le commerce numérique comme «le commerce réalisé par des moyens électroniques». Il cite notamment les banques qui transfèrent des données, les négociants en matières premières agricoles qui utilisent des signatures électroniques et les entreprises de transport qui suivent leurs véhicules via internet.
Le Canada travaille aussi à son adhésion aux «systèmes de paiement instantané» de l’UE afin de faciliter les transferts de fonds. Les deux entités étudient par ailleurs la possibilité d’ouvrir davantage leurs marchés respectifs aux banques, assureurs et entreprises de technologie financière canadiennes et européennes.
Entreprises minières
La Banque européenne d’investissement cherchera à financer des projets d’exploitation de matières premières stratégiques au Canada, grâce aux négociations qui se sont conclues vendredi.
Mme von der Leyen a avancé jeudi que «la demande industrielle, la technologie et les investissements» européens pouvaient contribuer à la mise en œuvre de ces projets miniers.
Autorités de régulation
Le Canada a signé une sorte d’accord de concurrence actualisé avec l’UE qui vise à lutter contre les pratiques anticoncurrentielles des entreprises transatlantiques, bien que peu de détails aient été fournis vendredi.
L’agence européenne des frontières aide également son homologue canadien à lutter contre le trafic de migrants, la traite des êtres humains et la fraude à l’identité en échangeant des informations via le Système européen de surveillance des frontières.
Les deux parties ont également convenu de mettre en place des groupes de discussion officiels sur l’Arctique, la manipulation et l’ingérence de l’information étrangère, la sécurité climatique et les transports.
Un communiqué conjoint indique qu’en matière de désinformation, les deux parties ont convenu de passer «d’une position réactive à une position préventive».
Soldats en Lettonie
En juin, le Canada est devenu le seul partenaire non européen du programme d’approvisionnement de défense de l’UE, SAFE.
Un seul projet avait vu le jour dans le cadre de cet accord jusqu’à vendredi, lorsque le Canada a annoncé un contrat d’une valeur pouvant atteindre 43 millions $ pour la fourniture de casques aux troupes lettones.
L’entreprise montréalaise Galvion produira ces casques pour la Lettonie, qui accueille depuis des années la plus importante présence militaire canadienne à l’étranger. Les soldats canadiens sont en Lettonie pour prévenir une invasion russe.
Ukraine
Alors que Washington réduit son soutien à la défense de l’Ukraine face à l’invasion à grande échelle de la Russie, l’Europe a pris le relais en augmentant son financement.
M. Carney a annoncé vendredi que le Canada se joindrait à un programme de prêts de l’UE en faveur de l’Ukraine. Ottawa s’est engagé à verser une contribution initiale de 500 millions d’euros, soit environ 775 millions $.
«Nous continuerons d’apporter un soutien global à l’Ukraine et à sa population sur les plans politique, financier, économique, énergétique, humanitaire, militaire et diplomatique», indique la déclaration commune signée vendredi par le Canada et l’UE.
