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Varsovie accuse Moscou après la chute d’un missile en Pologne

Le lieu d’impact est situé à environ 80 kilomètres de la frontière ukrainienne et de la région de Lviv, cible de frappes russes au même moment.

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Poland missile wreckage Des policiers polonais recherchent des débris de missile dans un champ, près du lieu où un missile a frappé, tuant deux personnes dans une exploitation agricole du village polonais de Przewodow, près de la frontière avec l'Ukraine, mercredi 16 novembre 2022. (Photo AP/Evgeniy Maloletka)

Varsovie a accusé Moscou d’être à l’origine du tir d’un missile qui s’est écrasé en Pologne, sans faire de blessés, lors de frappes massives menées sur l’Ukraine dans la nuit de mercredi à jeudi.

Une puissante détonation a réveillé des habitants de la localité de Tarnawa-Kolonia, située dans la région de Lublin (est), peu avant 4h, faisant trembler les fenêtres de leurs maisons.

Le lieu d’impact est situé à environ 80 kilomètres de la frontière ukrainienne et de la région de Lviv, cible de frappes russes au même moment.

Alertée, la police locale a annoncé avoir découvert «dans un champ, à environ deux kilomètres des habitations, un cratère» de dix mètres de diamètre et profond de cinq mètres, ainsi que «des débris d’un objet non identifié» dispersés dans un rayon de 200 mètres.

Le Commandement opérationnel des Forces armées affirme de son côté qu’un hélicoptère Mi-24 engagé dans la nuit a localisé, au même endroit, «le probable lieu d’impact de l’objet dans un terrain non bâti».

Le premier ministre Donald Tusk est arrivé à Lublin dans la matinée pour présider une cellule de crise avec le ministre de la Défense Wladyslaw Kosiniak-Kamysz et le ministre de l’Intérieur Marcin Kierwinski.

Une enquête a été ouverte par le parquet militaire pour déterminer l’origine et la nature du projectile. Mais pour Donald Tusk, «les fragments récupérés indiquent qu’il s’agit d’un missile russe Kh-101».

«Il n’y a aucune raison de penser que la Pologne était la cible», a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse.

«Ennemi millénaire»

Le chef de la diplomatie ukrainienne a lui aussi estimé qu’il s’agissait d’«un missile de croisière russe Kh-101» dont l’intrusion en Pologne constitue «une violation de l’espace aérien de l’OTAN», dont est membre la Pologne.

Cette intrusion «nous rappelle qu’il n’y a rien de plus urgent pour nos deux pays que de contrer notre ennemi commun, millénaire, qui représente une menace directe pour nos deux nations», a dit Andriï Sybiga sur son compte X.

Un chasseur polonais F-16 a décollé après la détection du missile mais a perdu sa trace, avait dans un premier temps laissé entendre les autorités. M. Tusk a lui assuré que la défense antiaérienne polonaise aurait été en mesure de l’abattre s’il avait dévié de sa trajectoire et s’était dirigé vers des zones habitées.

Le président du Conseil européen Antonio Costa a dénoncé de nouvelles frappes «massives» menées en Ukraine dans la nuit par la Russie et la «violation de l’espace aérien polonais».

Dans un message sur X adressé au président ukrainien Volodymyr Zelensky et à M. Tusk, le chef de l’État français Emmanuel Macron a condamné «avec la plus grande fermeté les frappes russes qui ont tué des civils en Ukraine, ainsi que la violation de l’espace aérien polonais».

«Notre soutien à l’Ukraine et à nos alliés ne faiblira pas», a-t-il assuré.

La Russie a lancé sur l’Ukraine 74 missiles et 284 drones dans la nuit, faisant au moins huit morts.

En novembre 2022, la chute d’un missile de défense ukrainien sur le village polonais de Przewodow a fait deux morts. Et en septembre 2025, une vingtaine de drones russes ayant pénétré l’espace aérien polonais ont été abattus ou se sont écrasés.

D’autres pays membres de l’UE et/ou de l’OTAN ont subi des intrusions de drones et de missiles russes depuis 2022, en particulier la Roumanie et la Moldavie.