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Utiliser l’énergie comme levier de négociation face à Trump? Carney s’oppose à l’idée

M. Carney a affirmé mercredi que, parmi toutes les matières premières dont le Canada dispose en abondance, la confiance était peut-être la plus importante.

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Le premier ministre Mark Carney lors d'une annonce sur le logement à Red Deer, en Alberta, le 29 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jeff McIntosh Le premier ministre Mark Carney lors d'une annonce sur le logement à Red Deer, en Alberta, le 29 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jeff McIntosh (Jeff McIntosh/La Presse canadienne)

Le premier ministre Mark Carney estime que la réputation du Canada en tant que fournisseur fiable pourrait en pâtir si le pays commençait à limiter ses exportations d’énergie comme levier dans les négociations commerciales avec les États-Unis.

M. Carney faisait une annonce aux côtés de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, à Red Deer mercredi lorsqu’il s’est fait poser une question sur la possibilité de restreindre les exportations d’énergie vers les États-Unis afin de s’en servir comme moyen de pression dans les négociations commerciales.

Il a affirmé mercredi que, parmi toutes les matières premières dont le Canada dispose en abondance, la confiance était peut-être la plus importante.

Il a expliqué que lorsqu’on est fournisseur d’une matière première essentielle, il faut réfléchir à deux fois avant de couper l’approvisionnement de ses clients.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a laissé entendre la semaine dernière que le Canada pourrait «démanteler» les États-Unis si Ottawa et les provinces acceptaient de transformer ses exportations énergétiques, d’une importance cruciale, en levier de pression contre la dernière série de droits de douane de Washington.

La négociatrice en chef du Canada, Janice Charette, et le ministre du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, se trouvaient mercredi à Washington. Leur visite a lieu à quelques semaines de l’entrée en vigueur, le 19 août, de la nouvelle série de droits de douane de 50 % imposés par l’administration Trump sur toute une gamme de produits canadiens.

Contrairement à la plupart des autres droits de douane instaurés par M. Trump, ceux-ci ne prévoiraient aucune exemption pour les marchandises conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, mieux connu sous le sigle ACEUM.

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré que cette mesure constituait une réponse aux interdictions provinciales visant les alcools américains, au système canadien de gestion de l’offre dans le secteur laitier et aux quotas imposés sur certains véhicules américains.

M. Carney a insisté mercredi sur le fait que le Canada disposait de plusieurs options dans le cadre de la négociation d’un nouvel accord commercial continental.

«Nous avons de nombreuses options à notre disposition. La première et la plus importante consiste à œuvrer en faveur d’un accord. C’est ce que nous allons faire, a-t-il déclaré. Mais il y a d’autres mesures que nous pourrions prendre si nous devions faire face à cette situation.»

L’ACEUM a été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Les négociations ont parfois été houleuses, mais les trois pays ont finalement salué l’ACEUM comme un succès.

M. Carney a indiqué la semaine dernière qu’il s’était entretenu avec M. Trump et qu’ils avaient convenu d’intensifier les négociations commerciales.

L’administration Trump a annoncé début juillet qu’elle ne renouvellerait pas l’accord commercial. Cette décision a déclenché des révisions annuelles successives pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans, à l’issue de laquelle l’ACEUM expirerait, à moins que toutes les parties ne s’accordent sur une prolongation.

– Avec des informations de Craig Lord et de Kelly Geraldine Malone