La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé mercredi la création d’un Conseil européen de sécurité, associant l’UE, le Canada, la Norvège et le Royaume-Uni.
«L’urgence est encore plus grande aujourd’hui, au vu de la nature et de l’ampleur des risques en jeu. C’est pourquoi nous exposerons nos idées pour qu’un Conseil européen de sécurité devienne réalité», a-t-elle déclaré lors de son discours de rentrée devant le Parlement européen à Strasbourg.
L’idée n’est pas nouvelle. Elle a déjà été avancée il y a près de dix ans par le président français Emmanuel Macron, et par l’ex-chancelière allemande Angela Merkel. L’ancien président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker l’avait également proposée lors de son mandat (2014-2019).
Le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, l’avait par ailleurs relancée en janvier dernier. «Cela crée véritablement une plateforme» commune à l’UE et d’autres partenaires, «afin de mettre en place une nouvelle architecture de défense», a-t-il souligné mercredi à Strasbourg devant quelques journalistes, dont l’AFP.
Dans le passé l’idée s’était heurtée à la réticence de plusieurs pays de l’UE. Pour certains, par exemple, l’actuel Conseil européen, qui rassemble les dirigeants des États membres, est déjà l’enceinte appropriée. D’autres redoutent une confusion avec l’OTAN, principale alliance de défense en Europe.
Article 4
La Norvège a ainsi jugé «positif» mercredi que l’UE «renforce sa coopération en matière de sécurité européenne», tout en rappelant aussitôt que l’OTAN «demeure le cadre de notre défense collective».
Mme von der Leyen souhaite également que l’UE soit plus réactive en cas de crise et propose dans ce but un «protocole de sécurité d’urgence», similaire à l’article 4 du traité de l’OTAN, qui prévoit des réunions de crise entre les membres de l’Alliance.
«En cas de déclenchement par un État membre, tous les États membres se réuniraient, afin de coordonner une réponse européenne, d’empêcher toute nouvelle escalade et d’atténuer les conséquences», a-t-elle expliqué.
Face à la recrudescence des crises, l’Europe doit être mieux préparée, a-t-elle ajouté.
«Les menaces hybrides auxquelles l’Europe est confrontée sont de moins en moins hybrides et il s’agit de moins en moins de menaces», a encore affirmé Mme von der Leyen, citant la «tentative d’attaque au drone» à l’aéroport de Leipzig en Allemagne début août.
Concernant l’Ukraine, en guerre depuis quatre ans et demi avec la Russie, la cheffe de l’exécutif européen a promis de soutenir Kyiv «plus que jamais dans cet hiver de guerre qui sera le pire d’entre tous».
«Nous apporterons une aide humanitaire et consoliderons l’approvisionnement de l’Ukraine en énergie et en chauffage», a-t-elle assuré, sans donner davantage de détails.
Elle a également promis de renforcer la défense aérienne de l’Ukraine, dont les villes et les infrastructures sont frappées presque chaque jour par des drones ou des missiles russes, là encore sans plus de précisions.
Elle a toutefois rappelé la collaboration ouverte avec l’Ukraine pour développer un système de défense antimissile «modulaire et d’un coût abordable», baptisé «Freyja».
Sept pays de l’UE (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pays-Bas, Suède, Danemark), ainsi que la Norvège, la Grande-Bretagne et l’Ukraine, participent depuis juillet 2026 à ce projet.