Les habitants des municipalités côtières du nord-est ont dû patauger dans les eaux de crue pour la deuxième journée consécutive, alors qu’une puissante tempête du Cap Hatteras s’abattait dimanche sur le littoral, provoquant des coupures d’électricité dans des dizaines de milliers de foyers.
Des ondes de tempête ont submergé les quartiers situés en contrebas dans le New Jersey, tandis que des rafales ont déraciné des arbres sur Long Island, près de New York, endommageant des habitations et renversant des poteaux électriques.
Dans la station balnéaire de Sea Bright, dans le New Jersey, chaque marée haute a provoqué une nouvelle vague d’inondations.
«Ce n’est pas un événement ponctuel, a témoigné Caroline Virenius, dont le garage s’est retrouvé inondé sous environ 30 centimètres d’eau. Ça se remplit d’eau encore et encore.»
Cette tempête, qui avance lentement et qui a coûté la vie à un employé de l’office du logement de New York samedi lorsqu’un arbre s’est abattu sur lui, devait perdurer jusqu’à dimanche, accompagnée de fortes pluies, de vents violents et d’une houle dangereuse jusqu’en Nouvelle-Angleterre.
Cette tempête du Cap Hatteras a ravivé le souvenir de la supertempête Sandy, qui avait causé plus de 60 milliards $ US de dégâts dans l’est des États-Unis en 2012.
Bien que l’impact de cette tempête soit loin d’atteindre une telle ampleur, elle pourrait être la première d’une série sur la côte est cet automne en raison du phénomène climatique El Niño qui perturbe les conditions météorologiques cette année.
Selon le Service météorologique national, plus de 7,6 centimètres de pluie se sont abattus dans certaines zones de Long Island depuis le début de la tempête.
D’après PowerOutage.us, bien plus de 100 000 clients se sont retrouvés sans électricité à certains moments de la journée de dimanche. Les coupures de courant les plus étendues ont touché les comtés situés le long de la côte, du New Jersey au Connecticut.
De nombreux vols ont été annulés ou retardés tout le long de la côte. Plus de 250 vols avaient été annulés à l’aéroport international Logan de Boston en fin de matinée dimanche, alors que les rafales atteignaient 64 km/h, selon l’Autorité portuaire du Massachusetts.
Les plus fortes précipitations restantes étaient attendues dimanche, du nord du New Jersey au sud de la Nouvelle-Angleterre.
Alors que la tempête s’affaiblissait progressivement, les inondations liées aux marées devaient persister tout au long des cycles de marée haute dimanche soir, a mentionné Bob Oravec, prévisionniste en chef au Service météorologique national de College Park, dans le Maryland.
À New York, plusieurs centimètres d’eau ont envahi les rues du quartier de Howard Beach, mais cela n’a pas empêché les habitants de sortir prendre un café dimanche matin.
Carole Ann Palmer, propriétaire du magasin Jingles Bait and Tackle à North Beach Haven, dans le New Jersey, estime qu’il s’agit des pires inondations qu’elle ait vues depuis dix ans.
«Hier, je me disais: “Oh, mon Dieu, ça ne cesse de monter, ça monte de plus en plus haut”», a raconté Mme Palmer, qui habite au-dessus de son magasin.
Le perron a été emporté par la tempête et elle a vu samedi des voisins se déplacer en kayak dans les rues.
Dimanche, son plus gros problème a été d’emmener ses deux chiots dehors pour qu’ils puissent faire leurs besoins. Elle a dû enfiler des cuissardes et les porter jusqu’à la terre ferme.
«J’en prends un à la fois, je le porte de l’autre côté de la rue pour qu’il puisse faire ses besoins, puis je reviens, je l’essuie, et je recommence avec l’autre. C’est un vrai entraînement», a souligné Mme Palmer.
Bernard Dowd a pataugé dimanche dans les eaux de marée pour rejoindre sa maison de Sea Bright, un jour après être rentré du travail et avoir découvert que son sous-sol était «inondé comme une piscine».
Mais il a précisé que la situation dans son quartier aurait sans doute été bien pire sans les nouvelles règles imposant aux propriétaires de rehausser leurs maisons à la suite du passage de Sandy, qui avait dévasté la municipalité.
Il a également remarqué que de nombreux habitants avaient bordé leurs maisons et leurs commerces de sacs de sable, ce qu’il aurait aimé faire lui-même.
