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Une républicaine va déposer un projet de loi contre le boycottage d'alcool au Canada

«Il est inacceptable que les provinces canadiennes prennent en otage les vignobles, brasseries et distilleries des États-Unis», dit-elle.

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Une photo prise le mardi 4 mars 2025 montre un rayon à moitié vide de whisky américain au magasin LCBO situé au 100 Queens Quay East, à Toronto. LA PRESSE CANADIENNE/Laura Proctor Une photo prise le mardi 4 mars 2025 montre un rayon à moitié vide de whisky américain au magasin LCBO situé au 100 Queens Quay East, à Toronto. LA PRESSE CANADIENNE (Laura Proctor)

Une élue républicaine du Congrès de New York a annoncé le dépôt d’un projet de loi visant à contraindre le représentant américain au Commerce à enquêter sur les provinces canadiennes qui refusent d’acheter de l’alcool américain.

«Il est inacceptable que les provinces canadiennes prennent en otage les vignobles, brasseries et distilleries des États-Unis et tentent de les rançonner, a déclaré Claudia Tenney dans un communiqué de presse lundi. Les vignobles, brasseries, distilleries et autres producteurs de boissons des États-Unis méritent un accès équitable aux marchés canadiens, et non un traitement discriminatoire de la part de l’un de nos plus proches partenaires commerciaux.»

Mme Tenney a indiqué qu’elle présenterait lundi à la Chambre des représentants la «Combating Attacks on our National Alcoholic Drinks by Allies Act» (loi visant à lutter contre les attaques menées par nos alliés contre nos boissons alcoolisées nationales), également appelée «CANADA Act», afin de déclencher une enquête en vertu de l’article 301 de la loi sur le commerce de 1974.

Si cette enquête révélait des pratiques commerciales déloyales, les États-Unis pourraient riposter en imposant des droits de douane ou d’autres restrictions à l’importation.

Plusieurs régies provinciales des alcools ont cessé d’acheter de l’alcool américain l’an dernier en réaction aux droits de douane et aux menaces d’annexion du président américain Donald Trump.

Alors que la Saskatchewan et l’Alberta ont remis les boissons alcoolisées américaines en rayon, les provinces qui étaient les plus importantes acheteuses, comme l’Ontario et le Québec, n’ont pas repris leurs achats d’alcool américain.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déclaré aux journalistes à Washington le mois dernier qu’il accueillerait favorablement le retour des boissons alcoolisées américaines une fois l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) renouvelé.

«Je veux simplement que cet accord soit conclu, a-t-il affirmé. Je peux vous assurer qu’une fois l’accord conclu, je m’attellerai à la tâche et remettrai toutes les boissons alcoolisées en rayon en Ontario.»

La semaine dernière, les États-Unis ont annoncé qu’ils ne renouvelleraient pas l’accord commercial continental, connu au Canada sous le nom d’ACEUM, mais celui-ci restera en vigueur pendant la poursuite des négociations.

Cette décision a déclenché un processus d’examen annuel continu pour une durée maximale de dix ans, après quoi l’accord expirera si aucune prolongation n’est conclue.

Une prolongation demandée par le Canada et le Mexique

Exaspérés par les droits de douane de Donald Trump et sa rhétorique du «51e État», les Canadiens ont soutenu la décision des provinces de retirer les produits d’alcool américains des rayons, alors qu’Ottawa gérait le retour tumultueux de Donald Trump à la Maison-Blanche l’an dernier.

Cependant, ces interdictions d’alcool sont devenues un sujet de discorde majeur dans les relations commerciales à Washington. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, et d’autres membres de l’administration Trump ont dénoncé ces interdictions provinciales, les qualifiant d’injustes et d’injustifiées.

L’industrie américaine des boissons alcoolisées et ses groupes de pression réclament depuis longtemps le retour à des relations commerciales normales entre les États-Unis et le Canada, car elle est durement touchée par la perte de clients canadiens.

Le Conseil des spiritueux des États-Unis a déclaré que les interdictions de représailles au Canada avaient entraîné une baisse de 63 % des exportations de spiritueux américains vers ce marché en 2025.

Il est question depuis longtemps de la façon dont les États-Unis pourraient réagir aux mesures prises par les provinces en matière d’alcool, et des membres de l’administration Trump se plaignent régulièrement que cela a entravé les négociations.

Mme Tenney a déclaré que les interdictions d’importation d’alcool constituent un «obstacle majeur à un processus de renégociation productif et harmonieux» de l’ACEUM.

«Étant donné que les provinces canadiennes ont refusé d’agir de manière constructive, j’ai présenté la Loi CANADA afin de garantir que les États-Unis prennent les mesures nécessaires pour tenir le Canada responsable jusqu’à ce que les provinces décident de lever leurs interdictions d’importation injustifiées, a-t-elle affirmé. L’Amérique doit toujours défendre ses producteurs, ses travailleurs et le commerce équitable.»

Kelly Geraldine Malone

Kelly Geraldine Malone

Journaliste