Le Canada déploiera un sous-marin militaire lors de l’exercice Rim of the Pacific (RIMPAC) de cette année au large d’Hawaï — une participation de dernière minute qui marque la première présence sous-marine du pays à ces manœuvres multinationales depuis plus d’une décennie.
Le HMCS Corner Brook devrait quitter la base des Forces canadiennes d’Esquimalt dans les prochains jours, après avoir subi environ 90 000 heures de maintenance et de modernisation à la base navale de Colombie-Britannique.
Le sous-marin rejoindra deux frégates canadiennes au RIMPAC, le plus grand exercice naval au monde, qui devrait rassembler plus de 25 000 militaires provenant de plus d’une vingtaine de pays.
Le NCSM Corner Brook est actuellement le seul sous-marin opérationnel de la flotte canadienne, qui compte quatre navires.
Le sous-marin a initialement repris du service l’année dernière après 14 ans de réparations et de modernisations rendues nécessaires après que le navire s’est échoué au large de l’île de Vancouver en 2011.
Les travaux comprenaient environ 20 millions de dollars de réparations pour remédier aux dommages immédiats causés par l’accident, ainsi que 695 millions de dollars supplémentaires pour l’entretien, les modernisations et les travaux de prolongation de la durée de vie dans le cadre d’un cycle de remise en état à long terme.
Plus tôt ce mois-ci, le sous-marin a mené des exercices de combat au large de l’île de Vancouver aux côtés du Dosan Ahn Chang-ho, un sous-marin coréen de classe KSS-III que le constructeur Hanwha Ocean présente comme la future plateforme de la force sous-marine canadienne.
Travail de modernisation
Parmi les modernisations les plus récentes effectuées sur le HMCS Corner Brook figure l’installation d’un système de guerre électronique modernisé qui améliore la capacité du navire à détecter et à identifier les navires à proximité ainsi que d’autres menaces potentielles, selon la capitaine de corvette Linda Coleman, porte-parole des Forces maritimes du Pacifique.
Le navire est également équipé d’une nouvelle batterie et d’un système de surveillance des batteries amélioré permettant aux membres d’équipage de suivre les niveaux de charge à distance.
Mme Coleman a déclaré que, bien que les sous-marins de classe Victoria du Canada soient certes «une plateforme plus ancienne», la flotte a été équipée des «capacités modernes nécessaires pour faire face aux menaces en constante évolution dans l’environnement opérationnel actuel et futur».
Le Canada n’a pas envoyé de sous-marin à l’exercice biennal RIMPAC depuis 2014, année où le HMCS Victoria avait participé aux manœuvres militaires dirigées par les États-Unis et coordonnées depuis Pearl Harbor.
Ce même sous-marin devait y retourner en 2020, mais son déploiement a été annulé en raison de la pandémie de COVID-19.
RIMPAC: les tests à venir
Lors de l’exercice de cette année, les navires et les marins canadiens participeront à des tirs de torpilles et de missiles, à des exercices d’abordage de navires et à une formation à la lutte anti-sous-marine aux côtés des pays partenaires.
Le NCSM Regina, l’une des deux frégates canadiennes destinées au RIMPAC, effectuera un tir réel du missile Evolved Sea Sparrow Block II, l’arme de défense aérienne la plus avancée de la Marine.
La deuxième frégate, le NCSM Ottawa, présentera son système de détection de sous-marins amélioré, qui comprend une suite de nouveaux capteurs devant être installés sur l’ensemble de la flotte de classe Halifax d’ici 2034.
La Marine déploiera également le navire ravitailleur Asterix et une équipe de plongeurs de déminage pour cet exercice, qui se déroulera du 24 juin au 31 juillet dans les îles hawaïennes et aux alentours.
L’Aviation royale canadienne, quant à elle, mettra à disposition un avion de patrouille CP-140 Aurora et deux hélicoptères CH-148 Cyclone. L’Aurora assurera des capacités de reconnaissance à longue portée et de lutte anti-sous-marine sur de vastes étendues océaniques, tandis que les Cyclones opéreront à partir des frégates déployées pour étendre leur rayon de surveillance et de frappe.
D’autres membres des Forces armées canadiennes, notamment un groupe de cyberprotection de la flotte et des équipes d’intervention médicale d’urgence, devraient également y participer, portant la contribution totale du Canada à l’exercice à environ 800 personnes.
Cette année marque la 30e édition du RIMPAC, qui a débuté en 1971 en tant qu’exercice d’entraînement multinational. Le Canada a participé à toutes les éditions en tant que membre fondateur aux côtés des États-Unis et de l’Australie.
L’événement de cette année devrait mobiliser environ 40 navires de guerre, cinq sous-marins et 140 aéronefs provenant de 31 pays partenaires.
La Flotte du Pacifique des États-Unis, qui organise l’exercice, affirme que ces manœuvres renforceront la sécurité collective dans l’océan Pacifique et ses environs.
La Stratégie indo-pacifique du Canada, annoncée en 2022, prévoit un investissement de 2,3 milliards de dollars sur cinq ans pour étendre la présence du pays en matière de défense et approfondir les liens de sécurité avec les pays partenaires de la région.

