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Une juge ordonne à l'administration Trump de restaurer les parcs nationaux

«L’histoire ne peut être racontée fidèlement en excluant les expériences de communautés dont les contributions, les luttes et les réalisations constituent une partie importante de l’histoire du pays.»

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Le président Donald Trump est photographié lors d'un événement où il signe une proclamation concernant l'industrie de la pêche, dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, le jeudi 11 juin 2026, à Washington. (Photo AP/Jacquelyn Martin) Le président Donald Trump est photographié lors d'un événement où il signe une proclamation concernant l'industrie de la pêche, dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le jeudi 11 juin 2026, à Washington. Photo AP (Jacquelyn Martin)

Une juge fédérale américaine a ordonné vendredi à l’administration Trump de rétablir les sites modifiés en vertu d’un décret exigeant que les musées, les parcs et les monuments américains ne présentassent pas d’éléments «dénigrant de manière inappropriée les Américains, qu’ils soient vivants ou décédés».

L’injonction préliminaire de la juge fédérale Angel Kelley, interdit aussi toute modification supplémentaire, indiquant que les plaignants ont démontré que ces mesures visaient «à réécrire l’histoire du pays à l’aide d’un stylo à l’encre blanche».

«L’histoire ne peut être racontée fidèlement en excluant les expériences de communautés dont les contributions, les luttes et les réalisations constituent une partie importante de l’histoire du pays», a écrit la juge.

L’administration Trump doit également fournir chaque semaine un rapport d’étape décrivant les progrès réalisés dans le cadre de ces changements, a écrit la juge.

«Sous prétexte de promouvoir la dignité américaine, cette administration cherche à présenter une histoire partielle en ordonnant le retrait de tous les panneaux, présentations et expositions explicatives dans les parcs nationaux qui ne correspondent pas à son récit préféré, racontant ainsi des demi-vérités», a écrit la juge Kelley.

Cette décision survient à la suite d’une action en justice intentée en février par des organisations de conservation et d’histoire contre les politiques du Service des parcs nationaux qui, selon elles, ont contraint le personnel du service à retirer ou à censurer des dizaines d’expositions présentant des faits historiques et des connaissances scientifiques exacts et pertinents sur les États-Unis, notamment concernant l’esclavage et les changements climatiques.

Bon nombre de ces changements ont eu lieu au parc historique national de l’Indépendance à Philadelphie, où l’administration a retiré des expositions sur la vie de neuf personnes réduites en esclavage dans les années 1790 sous George Washington, le premier président des États-Unis. Parmi les autres changements, citons le retrait d’un panneau au monument national du volcan Sunset Crater en Arizona décrivant des bulles de basalte, car il comportait l’image d’un visiteur tenant un drapeau arc-en-ciel, tandis que des films sur l’histoire du travail ont été retirés du parc historique national de Lowell dans le Massachusetts.

Le président Donald Trump a signé l’année dernière un décret visant à «rétablir la vérité et la raison dans l’histoire américaine» dans les musées, parcs et sites emblématiques du pays. Le secrétaire à l’Intérieur, Doug Burgum, a ensuite ordonné le retrait de toute «idéologie partisane inappropriée» des musées, monuments, sites emblématiques et autres expositions publiques sous contrôle fédéral.

Un courriel sollicitant les commentaires du ministère de l’Intérieur a été envoyé samedi.

Alan Spears, directeur principal des ressources culturelles de la National Parks Conservation Association, l’une des organisations à l’origine du procès, a déclaré que cette décision contribuerait à protéger les parcs nationaux contre les efforts de l’administration visant à «effacer l’histoire et la science de ces lieux uniques en leur genre».

«Les parcs nationaux appartiennent au peuple américain et toute forme de censure va à l’encontre des valeurs que ces lieux représentent», a-t-il déclaré.

Bill Wade, directeur général de l’Association of National Park Rangers, une autre organisation à l’origine du procès, a déclaré qu’il s’agissait d’une très bonne nouvelle pour les employés des parcs nationaux qui «sont fiers de pouvoir fournir des informations véridiques, précises et impartiales».