Une juge américaine a bloqué lundi une décision de l’administration Trump de mettre un terme à un statut de protection (TPS) pour les migrants haïtiens, un système empêchant l’expulsion d’immigrés légaux venus de pays jugés dangereux.
Le TPS, qui permet notamment aux 350 000 Haïtiens résidant aux États-Unis d’y vivre et d’y travailler, arrivait à expiration mardi.
Dans un arrêt de 83 pages consulté par l’AFP, la juge Ana Reyes déclare que la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, n’a pas le pouvoir de mettre fin à ce statut.
«Les plaignants (cinq ressortissants haïtiens, ndlr) affirment que la ministre (Kristi) Noem a délibérément pris sa décision de mettre fin (au TPS) par hostilité envers les immigrés non blancs. Cela semble fort probable», a écrit la magistrate.
La décision de Kristi Noem est «arbitraire et capricieuse», a estimé la juge.
«Kristi Noem a le droit, en vertu du Premier Amendement, de traiter les immigrés d’assassins, de parasites, de profiteurs et de tout autre terme inapproprié qui lui passe par la tête», a écrit Ana Reyes. Toutefois, elle est tenue de respecter scrupuleusement le droit», a-t-elle ajouté. «A ce jour, rien ne prouve qu’elle l’ait fait».
Le TPS, créé en 1990, empêche les autorités d’expulser des immigrés vers des pays jugés dangereux, que ce soit en raison de catastrophes naturelles, de conflits armés ou d’autres crises.
L’administration Trump a entrepris de démanteler la plupart des programmes TPS, faisant planer le spectre de l’expulsion sur des centaines de milliers d’immigrés.
Les autorités fédérales affirment que ces programmes attirent l’immigration illégale, qu’ils ont été utilisés à mauvais escient et prolongés trop longtemps par les démocrates.
Haïti a été désigné comme éligible au TPS après le séisme dévastateur qui a frappé le pays en 2010. Ce statut a été prolongé à plusieurs reprises, la dernière fois en 2021 sous l’administration Biden.
