International

Une grève paralyse la production de la mozzarella de bufflonne en Italie

La grève des camionneurs, qui dure depuis une semaine, a également bloqué les livraisons d’autres produits de première nécessité aux supermarchés.

Publié le 

De la mozzarella de bufflonne est préparée dans une laiterie de Caserte, près de Naples, dans le sud de l'Italie, en 2006. Photo AP De la mozzarella de bufflonne est préparée dans une laiterie de Caserte, près de Naples, dans le sud de l'Italie, en 2006. Photo AP (Franco Castano')

Une grève de camionneurs dans le sud de l’Italie a interrompu la fabrication de la célèbre mozzarella de bufflonne, entraînant une perte de production estimée à 3 millions d’euros en seulement 24 heures. Le lait n’a pas pu parvenir aux laiteries de la région de Naples et le fromage fini n’a pas été acheminé vers les clients, selon un responsable.

La grève des camionneurs, qui dure depuis une semaine et qui est motivée par la hausse du prix du diesel provoquée par la guerre en Iran, a également bloqué les livraisons d’autres produits de première nécessité aux supermarchés et laissé les pompes à essence vides dans une grande partie du sud de l’Italie.

Ces perturbations sont particulièrement préjudiciables à la mozzarella de bufflonne, car la production de cette marque de fromage protégée repose sur une chaîne d’approvisionnement au calendrier très strict.

Les bufflonnes doivent être traites, que les laiteries fonctionnent ou non, tandis que les règles de production exigent que le lait de bufflonne soit transformé en mozzarella dans les 60 heures suivant la traite.

Pier Maria Saccani, directeur du Consortium pour la protection de la Mozzarella di Bufala Campana AOP, a déclaré qu’environ un million de litres de lait de bufflonne produits en une seule journée n’avaient pas pu être transformés en mozzarella en raison du blocage des transports. Le consortium veille au respect des normes de production et protège l’appellation d’origine du fromage en Italie et à l’étranger.

«Hier, aucune mozzarella n’a été produite», a affirmé M. Saccani, expliquant qu’il s’agissait d’un «préjudice de 3 millions d’euros en 24 heures», soit une perte d’environ 4,7 millions $ CA.

En général, les agriculteurs ne disposent que d’une capacité suffisante pour conserver le lait frais jusqu’à ce que les camions-citernes viennent le collecter. Ils ne peuvent pas stocker de grandes quantités pendant de longues périodes.

«Ce blocage a donc manifestement semé la panique parmi les agriculteurs, qui se demandent: “Où allons-nous le mettre?”», a ajouté M. Saccani.

Des camions sont garés le long de la rue lors d'une manifestation de chauffeurs à Naples, en Italie, pour protester contre le coût élevé du carburant, le mardi 20 octobre 2026. Photo: LaPresse via AP Des camions sont garés le long de la rue lors d'une manifestation de chauffeurs à Naples, en Italie, pour protester contre le coût élevé du carburant, le mardi 20 octobre 2026. Photo: LaPresse via AP (Alessandro Garofalo)

Les laiteries qui fabriquent de la mozzarella sont confrontées à un problème similaire: elles ne peuvent pas se permettre d’accumuler un produit hautement périssable si les camions ne sont pas en mesure de le livrer aux clients.

Plusieurs laiteries sont donc restées fermées, a indiqué M. Saccani, qualifiant la situation de «blocage total de la production».

Certains agriculteurs ont dû se résoudre à donner une partie du lait invendu à leurs animaux, faute de savoir où l’acheminer, a expliqué M. Saccani, ajoutant que les perturbations des transports menacent également l’approvisionnement en aliments pour animaux et en diesel, indispensables au fonctionnement des exploitations.

«C’est une situation très, très complexe et délicate», a-t-il soutenu.

Ce blocage survient alors que les producteurs laitiers et les laiteries sont déjà confrontés à une hausse des coûts. M. Saccani a indiqué que le consortium estimait que les coûts de production avaient augmenté d’environ 30 %, sous l’effet de la hausse des prix des aliments pour animaux, du diesel, de l’énergie, des emballages en plastique et du transport.

Ces hausses n’ont pas été entièrement répercutées sur les clients, a-t-il précisé, ce qui oblige les producteurs à absorber une grande partie des dépenses supplémentaires et réduit la rentabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

La mozzarella de bufflonne est une industrie importante dans la région de Campanie, où se trouve la ville de Naples, ainsi que dans les zones voisines du sud de l’Italie.

M. Saccani a précisé qu’en 2025, la production de «Mozzarella di Bufala Campana AOP» s’élevait à un peu moins de 58 000 tonnes métriques, dont environ 37 % étaient exportés. La France est son premier marché à l’étranger.

Le gouvernement italien dirigé par Giorgia Meloni a convoqué jeudi une réunion extraordinaire du conseil des ministres afin de discuter d’éventuelles mesures d’aide en faveur des secteurs des transports et de l’agriculture.