Une éruption explosive du mont Dukono, survenue vendredi sur l’île isolée d’Halmahera, en Indonésie, a coûté la vie à trois randonneurs et en a blessé cinq autres qui escaladaient une zone interdite autour du volcan en activité, ont indiqué les autorités.
Une vingtaine d’alpinistes s’étaient mis en route jeudi pour gravir ce volcan de près de 1355 mètres 4 445 pied), au mépris des restrictions de sécurité, a déclaré le chef de la police du nord d’Halmahera, Erlichson Pasaribu.
Ils se sont retrouvés bloqués lorsque le Dukono est entré en éruption à 7 h 41, heure locale, crachant une épaisse colonne de cendres qui s’est élevée à environ 10 kilomètres au-dessus du sommet. L’éruption a été enregistrée par les sismographes pendant plus de 16 minutes, a indiqué l’Agence géologique indonésienne.
«Ils savaient que l’ascension était interdite, la montagne étant une zone réglementée en raison de son niveau d’alerte élevé, mais ils ont insisté pour y aller», a mentionné M. Pasaribu lors d’une interview télévisée.
Des équipes de secours ont été déployées après avoir reçu un signal d’urgence provenant de la zone montagneuse. Deux hommes singapouriens et une Indonésienne sont décédés sur place, a précisé M. Pasaribu.
Vendredi après-midi, 17 alpinistes avaient été évacués sains et saufs, dont sept ressortissants singapouriens et deux Indonésiens qui ont participé à l’opération de sauvetage et fourni des informations sur les itinéraires d’escalade empruntés par les victimes avant l’éruption, a déclaré Abdul Muhari, porte-parole de l’Agence nationale de gestion des catastrophes. Cinq des personnes évacuées auraient été blessées.
Les corps n’avaient pas encore été récupérés car les éruptions continues et les conditions dangereuses empêchaient les équipes de secours d’atteindre le site.
M. Muhari a affirmé que l’opération de recherche et de sauvetage avait été suspendue vendredi soir en raison de l’obscurité et qu’elle reprendrait tôt samedi matin.
Le Centre de volcanologie et d’atténuation des risques géologiques interdit depuis longtemps toute activité dans un rayon de 4 kilomètres (2,5 miles) autour du cratère du Dukono, invoquant des dangers tels que les explosions volcaniques, les chutes de cendres et les gaz toxiques. Les autorités pensent que les randonneurs se trouvaient à l’intérieur de la zone interdite au moment de l’éruption.
Malgré les avertissements sur les réseaux sociaux et les panneaux sur place, «de nombreuses personnes restent déterminées à faire l’ascension, poussées par le désir de créer du contenu en ligne», a déclaré M. Pasaribu.
Le mont Dukono est l’un des volcans les plus actifs d’Indonésie et est en éruption presque sans interruption depuis 1933. L’Indonésie se trouve le long de la « Ceinture de feu » du Pacifique, une zone d’intense activité sismique et volcanique, et abrite plus de 120 volcans actifs.
Les autorités ont également mis en garde contre d’éventuels risques secondaires, notamment des coulées de boue volcaniques, en particulier en cas de fortes pluies, qui pourraient se déplacer le long des rivières descendant des pentes du volcan.
L’activité volcanique du Dukono reste élevée, et les autorités ont indiqué qu’elle se situait au deuxième niveau d’alerte le plus élevé. Les autorités ont déclaré que le volcan avait connu une augmentation des éruptions magmatiques explosives depuis fin mars, avec une moyenne d’environ 95 éruptions par jour.
«L’éruption de vendredi a été l’une des plus fortes de cette période», a dit Lana Saria, qui dirige l’Agence géologique indonésienne au sein du ministère de l’Énergie et des Ressources minérales. Elle a ajouté que des nuages de cendres, dont la couleur variait du blanc au gris et au noir, étaient poussés vers le nord.
Elle a averti que les chutes de cendres pourraient affecter les localités voisines, notamment la ville de Tobelo, augmentant les risques sanitaires et perturbant les transports et la vie quotidienne.
Les autorités ont exhorté les habitants, les touristes et les alpinistes à rester calmes, à suivre les consignes officielles et à éviter les zones interdites, tandis que la surveillance du mont Dukono se poursuit.
