Une grande entreprise appelle Ottawa à rester impartial alors qu’elle met en œuvre sa stratégie nucléaire et que la demande en énergie propre ne cesse de croître.
Tim Gitzel, directeur général de Cameco, a affirmé mercredi devant une commission de la Chambre des communes qu’Ottawa devait rester «neutre sur le plan technologique» afin de renforcer la réputation du pays et de répondre à la demande du marché mondial.
«Nos concurrents bénéficient du soutien total de leurs gouvernements de pays. Ce n’est pas notre cas», a-t-il dit.
Le Canada a lancé en juin une stratégie nucléaire qui fixe comme objectifs de doubler les exportations d’uranium et de construire jusqu’à 10 nouveaux réacteurs nucléaires au cours des 15 prochaines années.
Cette stratégie prévoit également un plan visant à stimuler les ventes à l’étranger des réacteurs CANDU, fabriqués par l’entreprise canadienne AtkinsRéalis, anciennement SNC-Lavalin.
Le premier ministre Mark Carney a affirmé, au début du mois, qu’AtkinsRéalis avait de réelles chances de remporter un appel d’offres lucratif pour fournir de l’énergie nucléaire à la Turquie — une perspective qu’il jugeait encore lointaine il y a un an.
M. Gitzel, dont l’entreprise est en concurrence avec AtkinsRéalis, a expliqué que le gouvernement fédéral ne devrait «pas faire pencher la balance», mais plutôt défendre l’ensemble des entreprises nucléaires canadiennes et leurs technologies.
Il a ajouté que le Canada pourrait devenir une «superstar mondiale du nucléaire» s’il ne limite pas la diversification technologique.
M. Gitzel a fait valoir que le gouvernement fédéral menait une campagne active contre la technologie de Cameco sur des marchés tels que la Pologne, où des réacteurs nucléaires sont en cours de construction.
«Il me semble injuste que les champions canadiens doivent rivaliser avec leur propre gouvernement pour réussir, a-t-il dit devant la commission. Les compagnies d’électricité au Canada et dans le monde entier comptent sur Cameco pour leur fournir de l’uranium, du combustible nucléaire et des technologies de réacteurs afin de produire de l’énergie nucléaire.»
«Cameco incarne la chaîne d’approvisionnement en combustible nucléaire au Canada, et c’est grâce à elle que le Canada occupe une place de choix sur la scène mondiale du combustible nucléaire.»
Une porte-parole de Tim Hodgson, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, a assuré que le gouvernement fédéral n’avait pas privilégié une technologie par rapport à une autre.
«Les décisions relatives à la production d’électricité relèvent de la compétence des provinces et des territoires, et ce sont les provinces ainsi que nos partenaires internationaux qui sont les mieux placés pour déterminer les technologies qui répondent à leurs besoins», a déclaré la porte-parole Charlotte Power dans un communiqué.
