Une commission du Sénat américain dominé par les républicains a approuvé jeudi de justesse la nomination du nouveau ministre de la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, choisi par le président Donald Trump pour succéder à Kristi Noem.
Comme l’avait laissé présager son audition mercredi par la commission de la Sécurité intérieure du Sénat, Markwayne Mullin a obtenu 8 voix contre 7. Le président républicain de la commission Rand Paul, qu’une inimitié personnelle oppose à M. Mullin, a voté contre sa nomination, mais le sénateur démocrate John Fetterman a ajouté sa voix à celles de ses collègues républicains.
La nomination de Markwayne Mullin, 48 ans, sénateur de l’Oklahoma (sud), doit encore être approuvée à la majorité par le Sénat, où les républicains sont majoritaires, lors d’un vote dont la date n’a pas encore été fixée.
Lors de son audition mercredi il a dit souhaiter que d’ici six mois son ministère «ne fasse plus la Une tous les jours» et que la police de l’immigration (ICE), décriée pour ses méthodes brutales puisse davantage se concentrer sur les expulsions d’immigrés en situation irrégulière plutôt que d’être en «première ligne» à les arrêter à travers le pays.
Le ministère de la Sécurité intérieure est en paralysie budgétaire depuis plus d’un mois, les démocrates exigeant pour voter son budget une réforme de fond en comble des pratiques de la police de l’immigration.
Figure de proue de la politique d’expulsions massives d’immigrés de Donald Trump, Kristi Noem a été remerciée le 6 mars, à la suite d’auditions parlementaires tendues, ses premières depuis la mort en janvier à Minneapolis de deux manifestants contre les agents d’ICE.
Selon les médias américains, le président aurait particulièrement pris ombrage du fait que Kristi Noem ait alors assuré avoir obtenu son aval pour une campagne publicitaire de 220 millions de dollars visant à inciter les immigrés à rentrer d’eux-mêmes dans leur pays sans attendre d’être expulsés.
Donald Trump a érigé la lutte contre l’immigration clandestine en priorité absolue, évoquant une «invasion» des États-Unis par des «criminels venus de l’étranger» et communiquant abondamment sur les expulsions d’immigrés.
Mais son programme d’expulsions massives a été contrecarré ou freiné par de multiples décisions de justice, y compris de la Cour suprême majoritairement conservatrice, au motif que les personnes visées devaient pouvoir faire valoir leurs droits.
