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Un tribunal suspend provisoirement la construction du mur frontalier de Trump

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Le parc national du Big Bend, au Texas, le 19 septembre 2026. Photo AP/Rebecca Santana Le parc national du Big Bend, au Texas, le 19 septembre 2026. Photo AP/Rebecca Santana (Rebecca Santana)

Un tribunal fédéral du Texas a rendu vendredi une décision empêchant temporairement l’administration Trump de construire un mur frontalier et d’autres infrastructures dans la région du Big Bend.

Cette décision marque une victoire majeure pour les propriétaires fonciers, les entreprises et les écologistes de la région, qui se sont unis pour s’opposer aux projets d’infrastructure prévus, s’inscrivant dans le cadre d’un programme de 46 milliards $ US lancé par l’administration Trump pour équiper la frontière sud d’un ensemble comprenant des murs en acier de 30 pieds de haut, de barrières anti-véhicules, de routes et de technologies de surveillance.

La juge Kathleen Cardone a déclaré dans son jugement que les plaignants avaient «de fortes chances d’obtenir gain de cause sur le fond d’au moins l’un des chefs de plainte invoqués, qu’il existe un risque qu’ils subissent un préjudice grave et irréparable en l’absence d’injonction, et que la balance des intérêts et l’intérêt général penchent en leur faveur».

L’Agence des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a défendu le projet dans un communiqué publié vendredi.

«Nous maintenons notre évaluation et restons confiants dans nos compétences juridiques pour sécuriser la frontière tout en préservant le paysage unique de la région de Big Bend, a déclaré l’agence. Nous travaillons avec le département de la Justice sur les prochaines étapes.»

Le département de la Sécurité intérieure n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

La décision de la juge couvre le parc national de Big Bend, où l’opposition au mur avait poussé l’administration à suspendre brièvement les travaux.

Les opposants au projet de mur frontalier ont fait valoir que la région du Big Bend, longue de 800 kilomètres, est si isolée et son relief si accidenté qu’elle constitue en soi un moyen de dissuasion contre l’immigration clandestine, et que l’administration avait enfreint la loi en délivrant une série de dérogations lui permettant de contourner de nombreuses réglementations pour accélérer les projets d’infrastructure liés au mur frontalier.

«Victoire totale»

Le recours intenté par une organisation environnementale, des défenseurs d’une église historique de Ruidosa et un guide fluvial faisait valoir que le département de la Sécurité intérieure avait eu tort de contourner les réglementations destinées à protéger l’environnement, la culture et le patrimoine archéologique de régions telles que celle de Big Bend.

Laiken Jordahl, du Center for Biological Diversity à l’origine de la plainte, a qualifié la décision de la juge Cardone de «victoire totale».

«Les bulldozers vont devoir faire demi-tour jusqu’à ce qu’elle se prononce sur le fond, a célébré M. Jordahl. C’est un jour historique pour Big Bend, pour le Texas et pour la Constitution.»

La décision du tribunal intervient quelques semaines seulement après que l’administration a érigé les premiers panneaux du mur frontalier dans le secteur de Big Bend, à la mi-septembre.

Le projet de mur frontalier a suscité une opposition bipartite dans la région.

Une grande partie de cette opposition s’est concentrée sur les projets du Service des douanes et de la protection des frontières à l’intérieur du parc national de Big Bend, très prisé pour ses magnifiques paysages, ses falaises calcaires et son ciel nocturne d’une clarté cristalline.

Lorsque des pelleteuses ont été aperçues en train de défricher des terrains dans le parc en août, cela a déclenché une opposition généralisée, les républicains comme les démocrates appelant l’administration à mettre fin à ces travaux. Le gouvernement a suspendu toutes ses activités sur place, mais cette suspension a pris fin en début de semaine. L’administration a déclaré qu’elle réévaluait ses projets concernant le parc national, mais n’a pas encore précisé ce qu’elle comptait y faire.

Vendredi, les défenseurs du parc se sont dits satisfaits de la décision de la juge, mais ont appelé l’administration à réparer les dégâts déjà causés au parc national de Big Bend et à élaborer des plans alternatifs.

«Big Bend n’est pas un endroit pour des barrières frontalières. Il est temps que l’administration s’assoie à la table des négociations avec les communautés frontalières qui connaissent le mieux Big Bend, qu’elle répare les dégâts causés par ce projet mal conçu et qu’elle trouve de nouvelles solutions», a déclaré Tiernan Sittenfeld, président-directeur général de la National Parks Conservation Association, dans un communiqué.

La décision de la juge s’étend aux zones situées en amont et en aval du parc national, où les services frontaliers ont prévu toute une série de projets d’infrastructures qui nécessiteraient en grande partie de construire sur des terrains privés.

Dans ces zones, le gouvernement s’est efforcé d’obtenir l’autorisation des propriétaires fonciers locaux pour effectuer des levés topographiques et construire sur leurs terrains, mais, dans un récent document déposé au tribunal, il a indiqué qu’il était prêt à renvoyer au département de la Justice certains dossiers pour lesquels il n’avait pas réussi à obtenir l’autorisation des propriétaires.