Plusieurs mois après la crise du navire MV Hondius, l’hantavirus des Andes refait parler de lui. Une personne franco-argentine, désormais isolée en Espagne, a été diagnostiquée après être passée en juillet en France. Rien n’indique une «circulation» du virus, précisent toutefois les autorités.
Ce nouveau cas, annoncé par le ministère français de la Santé, est à priori sans lien avec l’épisode du MV Hondius, qui avait suscité de vives inquiétudes au printemps. La seule patiente française contaminée sur le bateau est, par ailleurs, sortie ce jeudi du service de réanimation où elle avait été admise il y a près de trois mois, a précisé le ministère.
Cette patiente, hospitalisée depuis mai à Paris à l’hôpital Bichat (AP-HP), «a été transférée dans un centre de convalescence», a déclaré le ministère à l’AFP.
Mais, parallèlement, les autorités sanitaires ont annoncé qu’un touriste franco-argentin ayant transité par la France durant la deuxième quintaine de juillet avait été testé positif à la souche Andes, la seule transmissible entre humains et celle à l’origine de l’épisode du MV Hondius.
Le patient, désormais isolé avec sa famille en Espagne, a eu peu de symptômes et n’en présente plus actuellement, selon les autorités françaises. Cette infection, initialement transmise à l’humain par des animaux comme les rongeurs, peut causer de graves problèmes pulmonaires et occasionner la mort dans 30 à 40% des cas. La présence de la souche des Andes chez ce patient a été confirmée ce jeudi par le Centre national de référence de l’Institut Pasteur sur les infections à ce virus.
Réunion d’experts
Le ministère espagnol de la Santé a confirmé dans un communiqué que le patient allait «bien» et était en isolement chez lui en Galice (nord-est). En France, le patient s’était présenté aux services médicaux en raison de symptômes «très légers», selon cette source.
Les autorités espagnoles mettent en œuvre les protocoles et tracent les éventuels cas contact.
En France, à ce stade, «nous ne sommes pas face à un virus présentant une circulation diffuse dans la population», a assuré le ministère français dans son propre communiqué.
«Toutes les mesures de gestion sont mises en place pour prendre en harge le patient et retracer les étapes de son voyage», a-t-il précisé, rapportant qu’une réunion d’experts avait eu lieu jeudi après-midi, réunissant notamment la direction générale de la Santé (DGS) et l’agence Santé publique France.
«Les autorités sanitaires sont pleinement mobilisées et communiqueront régulièrement sur l’ampleur de la situation», a-t-il conclu, ajoutant qu’une coopération était mise en place à l’échelle européenne.
Épisode MV Hondius clos
À l’heure actuelle, de nombreuses questions demeurent. Le patient avait-il déjà des symptômes en France ? A-t-il été testé sur place ? Les autorités sanitaires devaient organiser en soirée une conférence de presse.
De quoi, en tout état de cause, ramener l’attention sur l’hantavirus alors que l’épisode du MV Hondius a été clos début juillet par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), aucune contamination ne pouvant plus être envisagée après une longue période d’isolement des cas contacts.
Au total, 13 cas ont été associés à cet épisode, dont trois mortels. Aucun cas n’a été recensé depuis le 25 mai.
Les 13 cas identifiés dans cet épisode ne sont qu’une poignée par rapport aux dizaines de milliers de cas d’infections à l’hantavirus — un virus rare pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique — recensés chaque année dans le monde.
Plusieurs dizaines de cas, voire centaines, sont recensées chaque année en France. Mais il s’agit de souches différentes de celle des Andes, en cause sur le MV Hondius, et circulant, comme son nom l’indique, en Amérique du Sud. Ces cas tendent à être moins graves que les souches américaines et surtout sont systématiquement issus d’une infection directe par un animal. L’inquiétude, dans le cas de la souche des Andes, porte sur le risque d’une transmission d’un humain à l’autre.
